PAR NAZIM B.
Tout en mettant le doigt sur ce qu’elle a considéré comme des «obstacles» à l’exercice politique, voire des pressions, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a fait part de son inquiétude quant à la situation socio-économique du pays.
S’exprimant à l’occasion de la première session du Conseil national du parti issu du dernier congrès, la cheffe du PT a évoqué l’actualité du monde du travail et le pouvoir d’achat des travailleurs.
A propos de la décision prise par le chef de l’Etat, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, portant sur la permanisation des enseignants des trois cycles de l’Education, Louisa Hanoune a exprimé sa «satisfaction».
Elle a cependant plaidé la généralisation de la mesure, déplorant l’existence de nombreuses autres catégories d’enseignants qui souffrent de la généralisation du système de la contractualisation. Elle a estimé que cette contractualisation équivaut à une précarisation de l’enseignant qui ne peut, dans les conditions qui sont les siennes, se consacrer pleinement à son travail.
La patronne du parti de gauche s’est également interrogée si cette mesure touchait tous les contractuels. «De plus, est-ce que la décision concerne tous les contractuels, y compris ceux qui n’ont pas bénéficié d’un renouvellement de leurs contrats ? Est-ce que les diplômes universitaires seront pris en considération dans cette titularisation ou obligera-t-on les concernés à abandonner leurs diplômes», s’est-elle interrogée.
Louisa Hanoune a également défendu la cause des étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) qui sont en action de protestation depuis la mesure présidentielle, estimant que la régularisation des milliers d’enseignants contractuels se fera à leur détriment. «Les futurs diplômés des ENS doivent être rassurés sur la disponibilité de leurs postes budgétaires à la fin de leur cursus», a insisté Louisa Hanoune, laquelle a regretté que des contractuels existent aussi dans d’autres secteurs, comme l’enseignement supérieur et la Fonction publique.
«Il y a des catégories de travailleurs qui perçoivent une indemnité de 3 000 DA par mois. Une famille peut-elle vivre avec un tel revenu ? C’est plutôt une famille morte», s’est indignée Louisa Hanoune, qui a dénoncé «l’inadéquation entre les contractuels et les salaires qu’ils perçoivent».
En ce qui concerne la loi de finances 2023, adoptée par les deux chambres du Parlement, la responsable du PT a pointé «l’absence d’une réelle politique de développement dans les nouvelles wilayas du Sud du pays». Elle a réitéré aussi son inquiétude quant à l’augmentation du budget de fonctionnement global de 26% en lien avec la hausse des salaires et de l’allocation chômage, estimant qu’il reste peu détaillé.
Par conséquent, selon la responsable du PT, la hausse des salaires n’est plus un choix ou une orientation politique, mais une question de «sécurité nationale», tenant notamment pour preuves les tensions sociales et grèves qui ont marqué des pays également confrontés à de forts taux d’inflation.
Et dans cette logique, la secrétaire général du PT a insisté pour une série de mesures «urgentes» pour éviter le cycle inflationniste et la récession économique, notamment une «hausse du point indiciaire dans la Fonction publique de 100%, c’est-à-dire un doublement», ou encore de mettre en place «une échelle mobile des salaires et des pensions (…) dans le but de les indexer sur le coût de la vie, préserver le pouvoir d’achat et par conséquent stabiliser la consommation». <