Par Nadir Kadi
La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Mme Louisa Hanoune, a animé, hier, une rencontre à Alger face aux «membres du Comité central» et «les responsables de région centre du parti». La rencontre, qui intervient, pour rappel, moins d’une semaine après la décision du PT de ne «pas prendre part» aux élections législatives du 12 juin, mais au contraire «d’accompagner» le mouvement populaire, aura en ce sens été l’occasion «d’expliquer» et de donner la lecture de son parti, quant à la situation du pays. L’objectif est «d’homogénéiser la compréhension de la situation politique», avant de mettre en œuvre les décisions du comité central de son parti. Louisa Hanoune a en ce sens fait savoir que les questions socio-économies restaient la priorité du PT, d’autant que le «bilan de la situation générale du pays, deux ans après la deuxième révolution populaire, et un an après la propagation de la Covid-19», montre que «les conséquences du confinement pseudo sanitaire a détruit l’économie nationale et les conditions de vie de la majorité du peuple».
Ainsi, alors que ces élections législatives ont été qualifiées de «vaine tentative de faire diversion et de détourner la majorité de ses aspirations légitimes», Louisa Hanoune explique en que la décision du PT «de ne présenter et ne soutenir aucune liste» partait de la conviction que le scrutin était «non prioritaire» et improductif. Le comité central, fait savoir Mme Hanoune, «s’est posé la question de savoir si ces élections allaient apporter une réponse, au moins partielle, aux attentes de la majorité (…) Vont-elles être la rupture avec l’ancien système ?» La réponse est «négative (…), au contraire, le comité central a établi que le prochain scrutin vise à imposer le maintien du statu quo et est porteur d’encore plus de décomposition et de destruction politique et de caporalisation de la vie politique par le pouvoir».
La première responsable du PT, a évoqué, également, la baisse «continue» du pouvoir d’achat des Algériens, la dépréciation de la valeur du dinar, mais aussi la «destruction des postes d’emploi», le chômage, «le non-paiement des salaires» ou encore l’arrêt de l’activité de «centaines de milliers de petites et moyennes entreprises, ainsi que des entreprises publiques». La responsable ajoute que les entreprises des «anciens oligarques», des unités de production placées sous la responsabilité de gestionnaires, étaient en «danger». «Selon des études, ces entreprises emploient près de 100 000 salariés (…) Elles sont asphyxiées par des décisions administratives, et exposées au pillage.» Une situation économique, jugée «critique». Avant d’ajouter plus loin que les efforts de lutte contre la corruption entrepris depuis 2019 ont été «très sélectifs» et particulièrement dans le volet politique.
Responsable qui a «naturellement» abordé la polémique sur la hausse des prix de première nécessité, ainsi que les pénuries de certains produits. : «Les prix augmentent tous les jours et il y a pénurie d’huile alors que la production est suffisante (…) Le gouvernement est incapable de régler un problème aussi simple que la régulation du marché». «Nous sommes dans une économie de bazar», a-t-elle lâché. Même chose pour la question du manque de liquidités. «La seule chose qu’a fait le gouvernement a été de déplacer le problème en demandant aux commerçants de retirer leurs comptes des bureaux de poste et d’en ouvrir dans les banques (…) Mais le problème est déjà présent dans les banques».
Le Parti des Travailleurs s’est dit opposé à certaines «mesures de lutte» contre le coronavirus, en qualifiant, depuis le début de la crise, le confinement de décision «pseudo scientifique». Louisa Hanoune a jugé hier que les conséquences négatives étaient aujourd’hui importantes sur l’Education nationale : «A cause d’une programmation de cours démentielle qui laisse les professeurs, les élèves et les parents perplexes». La responsable souligne par ailleurs les conséquences psychologiques du confinement : «il a causé la destruction des normes et des repères des élèves». Même critique pour l’enseignement supérieur : «Le ministre avait assuré que la formation à distance allait se poursuivre en parallèle de l’enseignement en présentiel. En réalité, et dans un grand nombre de filières, l’enseignement en présentiel est devenu marginal»… Le dossier de la vaccination contre la Covid-19 montre également les limites de la gestion gouvernementale : «Ils brassent du vent, nous avons de grandes déclarations, mais nous ne voyons rien (…) Selon le professeur Yousfi, la campagne de vaccination n’a concerné que 0,17% de la population (…) A ce rythme, les objectifs seront atteints dans 10 ans.» Quant à la mesure du couvre-feu «il est toujours imposé à 16 wilayas sans aucune explication rationnelle», dénonce Mme Hanoune. La responsable du PT a évoqué, également, les manifestations populaires du vendredi, estimant que le gouvernement y répondait de manière différente à Alger et à l’intérieur du pays. n