PAR INES DALI
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a émis de nombreuses critiques sur la situation politique et socioéconomique du pays, lors de la réunion mensuelle de son secrétariat national, tenue vendredi 13 mai, à laquelle ont pris part les membres de l’exécutif qui ont examiné un autre point à l’ordre du jour, celui des préparatifs du 6e Congrès ordinaire du parti les 3 et 4 juin prochain à Alger.
Sur le plan politique, les membres du secrétariat national ont unanimement fait le constat de la persistance de «l’impasse politique qui caractérise la vie nationale», a de prime abord indiqué le RCD dans un communiqué rendu public hier, avant de souligner que «la fuite en avant du pouvoir, qui continue son entreprise de criminalisation de l’action politique pacifique» et «l’instrumentalisation de la justice et la répression systématique de toute voix discordante, rythment la vie politique nationale».
Dans ce cadre, le RCD a évoqué l’interdiction d’activité du PST, en faisant montre de sa crainte de voir le même sort pour d’autres partis. Après «les menaces de même type qui pèsent sur le RCD et l’UCP, c’est au tour du MDS d’être mis en demeure de cesser ses activités publiques en tant que parti politique légal», peut-on lire dans le même communiqué, qui fait état de «la persécution de militants, de journalistes et d’activistes politiques» et d’«arbitraire» envers les «détenus d’opinion» dont il dit que «leur libération doit être exigée avec force» et que «le recours systématique à la détention préventive en violation de la Constitution restera une tache indélébile dans les annales judiciaires».
Abordant le volet socioéconomique, le RCD a passé en revue plusieurs secteurs ainsi que le pouvoir d’achat qui ne cesse de s’éroder, affirmant à propos de ce dernier : «Les Algériens viennent de sortir exsangues d’un mois de carême particulièrement difficile ; certainement l’un des plus éprouvants qu’ils ont vécu depuis longtemps. Malgré les engagements du gouvernement à faire baisser les prix des produits de large consommation, les augmentations n’ont jamais atteint des niveaux aussi élevés.» Il affirme, dans ce sens, que «les valorisations salariales des fonctionnaires, annoncées en grande pompe, se sont révélées insignifiantes, suscitant l’indignation des travailleurs et la montée au créneau des syndicats regroupés autour de la Confédération des syndicats autonomes» lors de la grève observée fin avril dernier et que le RCD a estimé «largement suivie».
Le parti que dirige Mohcine Belabbas accuse le gouvernement «de déni de la réalité et d’une fuite en avant», alors que la situation exige «responsabilité et sagesse» à même de dicter, selon lui, «d’ouvrir sans délais un dialogue sérieux et des négociations avec les syndicats représentatifs». Il ajoute qu’en l’absence d’une vision économique claire, conjuguée à des perspectives de croissances mondiales sombres, la crise sociale s’exacerbera inévitablement et les tensions qui en découlerons aussi. «Le RCD reste convaincu que pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, la priorité absolue doit aller à la préservation de l’entreprise et des emplois. Aujourd’hui, l’urgence première est de mettre l’entreprise au cœur de toutes les préoccupations», écrit le parti.
«Durement impactée par les répercussions de la crise financière – ayant entraîné une réduction drastique de la commande publique -, des effets de la crise sanitaire et, tout récemment, des retombées à l’échelle mondiale de la guerre en Ukraine, la situation des entreprises algériennes est des plus critiques», souligne le RCD, en donnant l’exemple du BTPH qui, dit-il, connaît une hausse vertigineuse des prix des matériaux de construction ayant causé l’arrêt d’un nombre considérable de chantiers. Devant ce genre de péril, poursuit le parti, «le rôle de l’Etat est d’intervenir en urgence pour sauver l’outil de réalisation et préserver les nombreux emplois de ce secteur». C’est ainsi que le RCD plaide pour une véritable relance de l’économie qui «passe par une prise en charge sérieuse et efficace de nombreux dossiers, tels que le code de l’investissement, la réforme bancaire, le foncier industriel, l’éradication du secteur informel, le traitement sans discrimination des secteurs économiques public et privé, etc.». Ces problématiques fondamentales ne pourront être résolues sans «l’implication effective de l’ensemble des acteurs économiques», comme il serait «illusoire d’espérer relever le défi de la relance économique et de l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens sans le rétablissement de la confiance et l’adhésion» des citoyens. «En définitive, la crise multidimensionnelle que vit notre pays ne trouvera son règlement que dans le cadre d’un processus constituant», conclut le RCD, qui a indiqué que l’opération de préparatifs du 6e Congrès ordinaire suit son cours normalement. <