PAR NAZIM B.
La situation politique du pays, notamment dans le volet des libertés publiques, inquiète au plus niveau le FFS et le RCD qui ont exprimé de vives inquiétudes et des critiques à l’égard du pouvoir. Le Front des forces socialistes (FFS) considère que «notre pays connaît une gestion ultra-sécuritaire des affaires nationales, caractérisée par une atteinte systématique aux libertés en recourant à la répression pour faire taire toutes les voix qui appellent au changement».
Selon le plus vieux parti de l’opposition, «par la mise sous mandat de dépôt de Fethi Ghares, coordinateur du MDS, le pouvoir s’obstine à criminaliser l’action politique. Ce qui est inacceptable et risque de nous renvoyer à l’ère du parti unique». Estimant que «l’autoritarisme ne servira nullement les aspirations nationales et populaires à la démocratie et la construction d’un Etat de droit, ce qui exposerait la cohésion sociale au péril et alimente toutes les formes d’extrémisme», le FFS condamne «toutes les pratiques qui visent à spolier les libertés et à priver les Algériens de leurs droits civiques et politiques». Le FFS qui réitère sa condamnation des discours qui «sèment la haine dans la société et ceux qui portent atteinte à l’unité nationale», dit exiger «la libération de tous les détenus d’opinion et leur réitère sa solidarité pleine et entière».
Considérant que le «reniement du caractère politique de la crise vise à rééditer les anciens scénarios qui ont privé le pays de nombreuses opportunités pour le changement», le FFS appelle «pour la énième fois, à un dialogue global et inclusif entre toutes les forces vives de la société, dans un cadre apaisé et consensuel, où toutes les parties seraient empreintes d’esprit de responsabilité, en prenant en considération la réalité du pays et les données politiques actuelles à l’échelle intérieure et extérieure». Le FFS considère le dialogue comme «la seule voie pour l’édification d’un Etat national et démocratique et un bouclier contre tout plan pouvant mener à l’affrontement».
Pour sa part, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) s’alarme en constatant que les arrestations de militants politiques et d’activistes de la révolution du 22 février «se comptent par milliers dans tout le pays, atteignant ces derniers mois une ampleur sans précédent». Sur ce point, le RCD a indiqué, dans un communiqué que «plus de 300 citoyens sont en prison et cette longue liste des détenus d’opinion s’allonge chaque jour», évoquant «la dernière en date», à savoir celle de Fethi Gheras, premier responsable d’un parti politique agréé. Pour le parti de Mohcine Belabbas, «le pouvoir continue d’instrumentaliser la justice en la convoquant pour traiter des questions mémorielles et en criminalisant toute action politique et citoyenne qui rejette la normalisation violente en vigueur», regrettant que «désormais, le simple fait d’appeler à un changement de régime est considéré comme un acte terroriste. Cette massification de la répression et les provocations ciblant certaines régions sont une menace pour l’unité du pays». Appelant les citoyens à une «vigilance extrême», le RCD estime que «le maintien et la consolidation du caractère pacifique du Hirak sont une option vitale», considérant que «la solidarité avec les détenus et leur famille est une urgence absolue».
De son côté, l’Union pour le changement et le progrès (UCP) de Zoubida Assoul a appelé, hier, dans un communiqué, «toutes les parties qui sont toujours attachées à la défense des libertés et des droits de l’homme à s’unir contre la répression massive».