Le Front des forces socialistes (FFS) a réitéré, hier, son appel pour un «dialogue inclusif» dans un processus de sortie de crise. Le parti n’a, cependant, pas donné de nouveaux détails sur le contenu de son offre politique intitulée «la convention nationale», ni les partenaires qui prendront part ni le format de son déroulement. Le parti a livré néanmoins ses constats et critiques sur la situation politique du pays, son environnement régional tendu, la sécurité nationale…

Les voix du parti qui se sont exprimées à l’occasion de la réunion, à laquelle a été conviée une partie des élus du parti de l’opposition (P-APC, élus APW et parlementaires), sont revenues sur plusieurs questions qui agitent la scène politique. «Comme vous le savez, nous avons appelé à la tenue d’une Convention politique pour amorcer une sortie de crise de façon pacifique, démocratique et ordonnée. Nous demeurons convaincus que seul un dialogue politique permettra à notre pays de retrouver la voie de la reconstruction d’un Etat légitime, fort et juste en jetant les bases d’un consensus national en mesure de préserver l’Etat national et renforcer la cohésion sociale», a déclaré, à cette occasion, Youcef Aouchiche, premier secrétaire du parti.
«Notre attachement à la souveraineté nationale et notre conviction que celle-ci n’a de réalité que si la souveraineté populaire est rétablie, nous imposent d’agir en commun avec toutes les forces patriotiques pour provoquer ce grand sursaut national pour la sauvegarde de notre nation à l’heure des recompositions géopolitiques et géostratégiques brutales et violentes qui s’opèrent dans le monde, voire même dans notre espace vital», a-t-il ajouté.
Youcef Aouchiche a souligné qu’avant que le FFS ne s’adresse à ses partenaires politiques, il convient de «tenir une pré-Convention dans l’objectif est d’impliquer le plus de nos structures, nos militants, sympathisants et amis dans le débat et la réflexion pour l’élaboration et l’adoption de notre proposition de sortie de crise qui sera proposée ensuite à la classe politique et sociale». Il a relevé, par la même occasion, qu’«aucune échéance politique ou électorale éventuelle ne devrait nous détourner de la nécessité de reconstruire sur des bases éthiques et politiques le FFS», un message qui intervient alors que des échéances électorales pointent à l’horizon.
Faut-il conclure, d’ores et déjà, à une tendance au boycott de ces échéances au sein du parti, traversé depuis deux ans par une crise interne sans précédent ? Les prochaines semaines apporteront sans doute une réponse.
S’agissant de la situation politique du pays, Youcef Aouchiche a dressé un tableau noir évoquant «impasse et incertitude politique, panne économique, détresse et désarroi social…», estimant que «tous les indicateurs sont au rouge». Pour lui, «si rien n’est entrepris pour redresser la situation, si le statu quo persiste, l’Algérie se retrouvera dans un avenir proche au bord du gouffre». «Comment affronter cette situation potentiellement désastreuse en persistant dans un déni flagrant de la réalité en s’accrochant à un système finissant, récusant toute solution politique à la crise ?», s’est-il interrogé, soutenant que «cet entêtement conduit droit au mur, nourrit les logiques d’affrontement et finira par provoquer des fractures irrémédiables».
Pour le jeune premier secrétaire du FFS, «faire face à la dégradation de notre environnement régional et neutraliser les menaces qui ciblent l’Algérie» passe par le rétablissement de la confiance avec les Algériens» et «l’édification d’un Etat fort et des d’institutions légitimes et démocratiques».
Il a souligné dans ce sens que les appels à la «mobilisation face à l’ennemi» ne doivent pas faire oublier les «errements du régime et ses échecs à répétition». Ajoutant que «si les Algériens ont l’amour de la patrie chevillée au corps, ils n’accepteront pas que leur patriotisme soit exploité pour restaurer l’autoritarisme et les priver de leurs droits et libertés fondamentales».
Pour l’orateur, «la sécurité nationale est une notion globale qui implique, au-delà des stratégies de défense nationale, des impératifs politiques, économiques et sociaux auxquels nous devons apporter collectivement des réponses urgentes et concrètes». M. Aouchiche dira, dans le même registre, que «si la cohésion de l’institution militaire et l’efficacité des services de renseignements sont essentiels pour préserver notre intégrité et souveraineté nationales, le peuple algérien et les forces politiques et sociales ne doivent pas être tenus à l’écart des décisions politiques et stratégiques qui engagent l’avenir de la Nation», soulignant que «la sécurité nationale est l’affaire de tous». <