Les parents d’élèves eux sont partagés… A l’heure actuelle, la rentrée scolaire est maintenue au 7 septembre, mais les avis sont partagés à propos de son maintien ou de son report. Si des parents d’élèves s’inquiètent de la situation sanitaire et souhaitent que la rentrée soit reportée, d’autant que des établissements scolaires ont été ravagés par le feu ou occupés par des familles sinistrées, d’autres soulignent l’importance d’accélérer l’opération de vaccination contre la Covid-19 du personnel de l’Education nationale, en prévision d’une rentrée scolaire sécurisée.

PAR MILINA KOUACI
L’Union nationale des parents d’élèves (UNPE) a remis, hier, une lettre au ministère de l’Education nationale dans laquelle elle appelle au «décalage» de la rentrée scolaire à une date ultérieure. «Nous exigeons un report étudié», affirme Hamid Saadi, président de l’UNPE dans une déclaration à Reporters.
L’Algérie enregistre un taux de contamination à la Covid-19 et de son variant Delta «inquiétant» et qui touche de plus en plus d’enfants, alors que l’opération de vaccination du personnel de l’Education n’est pas encore amorcée. « Nous demandons de décaler la rentrée scolaire pour que le personnel du secteur puisse se faire vacciner contre le coronavirus», ajoute notre interlocuteur qui rappelle que l’intervalle entre la première et la deuxième dose devrait être d’au moins 15 jours.
Le président de l’UNPE dit, par ailleurs, que le report ou le maintien de la date de la prochaine rentrée scolaire est du ressort du Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de coronavirus. «Le Comité scientifique a les compétences et la prérogative de s’exprimer à ce sujet et, certainement, prendra la bonne décision». Cependant, outre l’évolution de la situation épidémique, des écoles sont occupées par des familles sinistrées des zones touchées par les feux de forêt déclarés depuis lundi dernier dans plusieurs villes du pays et d’autres ont été ravagées, d’où l’appel à reporter la rentrée scolaire pour éviter d’avoir un système d’éducation à deux vitesses, argue Hamid Saadi.
Khaled Ahmed, président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE), fait savoir que des entrepreneurs se sont engagés à rénover les écoles impactées par les feux avant la date de la rentrée scolaire si les feux sont totalement maîtrisés cette semaine. «Le président du bureau local de l’ANPE à Tizi Ouzou m’a signifié que des entrepreneurs ont promis de restaurer les écoles touchées par les incendies pour qu’elles ouvrent leurs portes à la date fixée de la prochaine rentrée», indique le président de l’ANPE. Ce dernier qui exprime son souhait de voir la rentrée scolaire lancée suivant le calendrier fixé, lance un appel aux parents d’élèves pour se faire vacciner. «Les parents accompagnent quotidiennement leurs enfants à l’école et je ne souhaite pas qu’ils soient vecteurs de maladie dans le milieu scolaire, notamment avec l’habitude de s’agglutiner devant les portails des écoles», clame M. Khaled Ahmed. Ce dernier propose, également, d’interdire l’accès aux écoles aux parents qui ne sont pas vaccinés, afin de sécuriser les employés. Il a, par ailleurs, appelé à «instaurer l’obligation vaccinale et faire de la carte de vaccination une condition» pour que les travailleurs du secteur rejoignent leurs postes et signent les P-V d’entrée.
Il ajoute, les cas de contaminations sont «en baisse», la tutelle et les pouvoirs publics doivent mettre à la disposition des écoles les moyens nécessaires pour lutter contre la propagation du coronavirus dans le milieu scolaire et le respect du protocole sanitaire. «Et le dernier mot revient au Comité scientifique qui a la prérogative de décider du maintien ou du report de la rentrée scolaire 2021/2022».
Si pour l’ANPE, il n’y a pas lieu de décaler la rentrée scolaire, l’UNPE, elle, estime que les facteurs réunis imposent de reporter la rentrée pour plus de sécurité. n