Synthèse de Feriel Nourine
Sous l’effet de la pandémie de la Covid-19 et de la chute des prix du pétrole, la situation économique de l’Algérie devrait se contracter, prévoit la Banque mondiale, tablant sur un PIB de 6,5% en 2020. Les mesures de confinement «entraîneront une dégringolade des composantes de la demande globale, et l’effet de l’incertitude économique pourrait se prolonger. Les déficits extérieur et budgétaire augmenteront, la diminution des revenus des hydrocarbures n’étant contrebalancée que partiellement par le recul des importations et l’investissement public, respectivement, et par la dévaluation de la monnaie», écrit l’institution dans son rapport de suivi de l’économie dans notre pays, publié hier, ajoutant que l’inflation «devrait rester modérée jusqu’à ce que la demande commence à se redresser».
La BM n’écarte pas, par ailleurs, une reprise partielle 2021 et 2022, conditionnant, cependant, ce redressement par «la remontée de la demande, de la production et des exportations d’hydrocarbures», mais aussi par «des réformes structurelles propres à rétablir la confiance et à encourager les investissements privés sont mises en œuvre». Si les choses évoluent de la sorte, le PIB passerait à 3,8% l’année prochaine, et 2,1% l’année d’après.
Concernant la consommation privée, la même source table sur un scénario pessimiste pour l’année en cours, soit -5,5%, avant un redressement en 2021 qui la fera passer à 5,5%, puis 2,8% en 2022.
Côté exportations des biens et services, une très forte baisse est prévue. Celle-ci atteindrait 15% en 2020, avant une remontée en 2021 (9,4%), alors qu’en 2022, l’évolution sur ce registre devrait tourner autour des 6,4%. Forte baisse également dans le chapitre des importations algériennes en 2020, selon les prévisions de la Banque mondiale. Ce sera -16,6%, s’attend la BM, contre 10,6% en 2021 et 2,7% en 2022.
En matière de croissance du PIB réel, la BM table sur une croissance de 2,1% pour le secteur de l’agriculture en 2020, alors que l’industrie devrait chuter de 8,2%, contre -6,8% pour les services.
Côté inflation, elle devrait être modérée en 2020, pour se situer à 2,1%, puis monter à 3,8% l’année prochaine (contre 4,5% par le PLF 2021), et à 4,2% l’année d’après.
Revenant à l’année dernière pour citer plusieurs facteurs qui ont maintenu l’incertitude économique du pays, dont notamment «la mobilisation sociale prolongée», l’institution de Bretton Woods passe à l’année en cours en rappelant la forte baisse des hydrocarbures intervenue dès le premier trimestre 2020, en guise de première conséquence de la crise sanitaire. «Alors que le secteur des hydrocarbures reculait de 13,4% par rapport au premier trimestre 2019, le PIB se contractait de 3,9%. Le PIB hors hydrocarbures a régressé de 1,5%, contre un fort ralentissement des investissements et une baisse modérée de la consommation privée et publique», souligne le rapport, précisant que le «secteur des services a le plus souffert, compte tenu des mesures de confinement». De leur côté, l’activité industrielle et le secteur de la construction «ont stagné», en phase avec la demande publique et privée, tandis que le secteur agricole s’est montré «résilient», poursuit la BM, non sans rappeler que dans le même temps, le déclin de la production d’hydrocarbures et un marché mondial compétitif ont provoqué une forte contraction du volume des exportations, compensée par une chute encore plus marquée des importations, ce qui a réduit le déficit du compte courant malgré des prix du pétrole plus bas.