Publié vendredi dernier par le département d’Etat, le rapport annuel du gouvernement américain sur la situation des droits de l’homme dans le monde place, cette année, l’Algérie parmi les pays globalement bien «notés», et ne soulève pas de préoccupations en ce qui concerne des «atteintes» aux droits de l’homme.

Le rapport souligne ainsi n’avoir enregistré aucune privation arbitraire de la vie ou de crimes pour des motifs politiques, ni aucune disparition arbitraire ou cas de torture. En effet, rappelant, à ce propos, que la loi algérienne condamne à des peines allant de 10 à 20 ans d’emprisonnement les «agents du gouvernement reconnus coupables de torture (…) Le gouvernement a signalé 28 poursuites et deux condamnations pour allégations de traitement abusif par des policiers en 2016.
Il n’y avait aucune information sur des condamnations pour torture ou des poursuites en 2017», écrit le rapport qui nuance par ailleurs son propos en ajoutant que les problématiques de droits de l’homme les plus importantes en Algérie se situent encore au niveau des atteintes «illicites à la vie privée», «des lois, souvent vagues, interdisant certaines formes d’expression»  ainsi que des «lois pénales sur la diffamation» ou encore «des limites à la liberté de la presse» et des «restrictions à la liberté de réunion et d’association». L’importance du document, à caractère officiel et qui aborde la situation des droits de l’homme constatée dans près de «200 pays et territoires» durant l’année 2017, et dont la préface est signée du secrétaire d’État des États-Unis par intérim, John J. Sullivan, se situe au niveau de son impact sur les relations politiques entre les Etats-Unis et le reste du monde.
Le rapport, est-il précisé, constitue ainsi une référence pour divers acteurs de la politique américaine, «y compris le Congrès américain», les pouvoirs exécutif et judiciaire, pour lesquelles il est «une source factuelle pour la prise de décision dans des domaines allant de l’assistance à l’asile». En ce sens, il peut être jugé comme globalement positif et objectif pour la situation des droits humains en l’Algérie, une question abordée à travers sept chapitres concernant le respect de l’intégrité des personnes, le respect des libertés civiles, des libertés politiques, la corruption et la transparence de la gouvernance ou encore les discriminations religieuses, le trafic de personnes ou les droits des travailleurs. Il est notamment noté dans le premier chapitre, consacré à «l’intégrité des personnes » – le fond du sujet – qu’en plus de l’absence de morts arbitraires, ou de disparitions imputables au gouvernement, «rien n’indique que le gouvernement ou ses agents ont commis des homicides arbitraires ou illégaux (…) Aucun cas de disparition par ou au nom des autorités gouvernementales n’a été signalé», que le code pénal interdit la détention de suspects dans des locaux non prévus à cet effet et accorde au procureur le droit de visiter ces établissements à tout moment. Pour les rédacteurs du rapport il n’y a «pas de préoccupations majeures concernant les conditions physiques dans les prisons et les centres de détention, où 60 000 prisonniers étaient retenus selon les statistiques fournies en septembre par la direction générale de l’administration pénitentiaire et de la réinstallation (DGAPR) du ministère de la Justice», les personnes condamnées pour des actes de  terrorisme ayant, quant à elles, «les mêmes droits que les autres détenus, mais sont détenues dans des prisons plus ou moins sécurisées, déterminées par le danger que représentent les prisonniers». Les Etats-Unis reconnaîssent ainsi les avancées de l’Algérie en matière de protection des droits de l’homme, considérant que la Constitution algérienne consacrait la liberté de la presse, alors que «les débats publics et les critiques des médias à l’égard du gouvernement, largement répandues», sont tolérés. Le rapport reconnaît également que les citoyens avaient la possibilité de choisir leurs représentants lors d’élections libres, périodiques et équitables, au suffrage universel à bulletin secret. Néanmoins la lecture du rapport laisse cependant apparaître plusieurs critiques de la situation algérienne, principalement en ce qui concerne la question des réfugiés, de leur liberté de circulation sur le territoire national et le droit d’asile.
Dans ce chapitre, il y est ainsi écrit qu’«alors que la loi prévoit généralement l’asile ou le statut de réfugié, le gouvernement n’a pas établi de système formel permettant aux réfugiés de demander l’asile. Rien n’indique que le gouvernement ait accordé le statut de réfugié et l’asile aux nouveaux demandeurs d’asile au cours de l’année».