La séance de mercredi dernier était la dernière pour les députés, qui ont procédé, à l’occasion, à l’élection controversée du nouveau président de l’Assemblée.
Les plus de 400 élus sont, depuis, en mode « chômé et grassement payé» d’une APN déchirée et marquée par l’instabilité au niveau de sa présidence et les démissions qu’elle aura enregistrées en cours de mandat. Le tout sur fond de contestation populaire et d’exigence de sa dissolution, alors que les derniers rebondissements lui confèrent un rôle politique déterminant sur les futures échéances. Le bilan de la session qui s’achève est original avec le renvoi d’un second président, en la personne de Mouad Bouchareb, qui avait succédé au mois d’octobre dernier à Saïd Bouhadja. La reprise à l’APN, annoncée pour le 2 septembre prochain, sera sous la présidence de Slimane Chenine.
La prochaine session, qui accompagnera visiblement la rentrée sociale, risque d’être « très agitée et les membres de la Chambre basse du Parlement auront du pain sur la planche, non seulement par rapport à certains projets de lois qui attendent toujours d’être adoptés, mais aussi par rapport aux défis politiques auxquels fait face le pays », selon des parlementaires. « Pour cette année, les choses ont connu un léger retard en raison de la question de l’élection d’un nouveau président de l’APN», explique Abdeghani Ouicher, député sans appartenance politique. Une question se pose, cependant, quant à la priorité de la prochaine session. Serait-elle d’ordre politique ou seulement législative ? Sur cette question, le même député ne pense pas que la question du dialogue devant précéder la présidentielle va dominer la vie parlementaire. «Je ne pense pas que cette question du dialogue va primer dans l’activité du Parlement du fait que les députés dépendent d’abord de leurs partis respectifs. Néanmoins, ils avaient déjà demandé à l’ex-président de l’APN Mouad Bouchareb d’ouvrir un débat sur la situation actuelle du pays et d’en dégager des propositions, mais ce dernier n’a pas accepté vu la situation de blocage qu’a connu l’APN durant ces derniers mois», a-t-il souligné. Cette idée a été proposée, encore une fois, au nouveau président de l’APN mais la proposition a coïncidé cette fois avec le congé annuel. Pour ce qui est de l’aspect législatif, certains projets de lois importants attendent toujours d’être adoptés, à l’instar du projet de loi sur la commune et celui de la fiscalité locale. « Il est probable aussi qu’une nouvelle loi électorale ainsi qu’un projet de loi, lié à une haute instance pour l’organisation et le contrôle des élections, soient également programmés et adoptés», ajoute le même député. Pour le député du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Nacer Hamdadouche, l’arrivée de Chenine à la tête du Parlement «n’a pas changé quoi que ce soit parce que, dans le fond, il faut changer le système tout entier ». Globalement, le prochain agenda sera déterminé en fonction de l’évolution des évènements, mais il y a du travail à faire concernant par exemple le projet de loi lié à l’instance de l’organisation et le contrôle des élections mais, la situation générale du pays n’a pas permis de le faire passer au Parlement. « Pratiquement, depuis l’adoption de la loi de finance de 2018, puis, l’affaire du cadenas et le départ de Bouhadja, l’Assemblée a sombré dans un état de paralysie. Si le Parlement était maître de lui-même, il aurait ouvert le débat sur la situation du pays dès le premier jour du Hirak », soutient le député du MSP. Cela ne s’est pas produit parce que « c’est toujours l’allégeance qui gouverne et la Chambre basse du Parlement reste otage des injonctions politiques », regrette
M. Hamdadouche.