Lors des travaux d’un séminaire sur «La Cyber-sécurité et la cyber-défense : enjeux et défis à la lumière des nouvelles mutations multidimensionnelles», le Général de corps d’Armée n’a pas manqué de fustiger les réseaux sociaux devenus «une tribune pour les réseaux du crime organisé».

Par Feriel Nourine
Quatre jours après avoir appelé les Algériens à faire preuve «d’une veille sans faille, au sens du patriotisme plus élevé et de veiller à la préservation de l’unité nationale, territoriale et populaire, à laquelle nous devons tous nous attacher», et sa mise en garde implicitement adressée aux mouvements Rachad et MAK, qu’il a accusé de porter atteinte à l’unité nationale, Saïd Changriha est revenu, hier, sur les sites et les réseaux sociaux qui ont constitué, estime-t-il, «une tribune pour les réseaux du crime organisé, connus pour leur rancune et leur haine envers l’Etat algérien, connu par ses principes immuables, ses nobles valeurs humaines et sa Révolution de libération inégalée dans l’histoire, pour mener des campagnes subversives visant à porter préjudice à la stabilité et à semer la discorde entre les fils du même pays».
S’exprimant lors de son allocution inaugurale des travaux d’un séminaire intitulé «La Cyber-sécurité et la cyber-défense : enjeux et défis à la lumière des nouvelles mutations multidimensionnelles», organisé par le département Emploi-Préparation de l’état-major de l’ANP, le Général de corps d’Armée Saïd Chengriha, Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, a d’abord commencé par indiquer que «l’Algérie a connu de nombreuses cyber-attaques qui ont ciblé des sites étatiques et d’autres appartenant à des institutions économiques vitales et stratégiques». Ces attaques «se sont intensifiées récemment avec la sortie de notre pays de sa crise et l’amorce de la phase de construction de l’Algérie nouvelle, initiée par Monsieur le président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale».
Il développera son discours en soulignant que «les tentatives de manipulation, la diffusion des messages de propagande, la promotion des idées subversives» par les réseaux incriminés «ont, clairement, pour objectif de servir des agendas hostiles qui sont désormais démasqués pour tous». L’intervenant ne manquera cependant pas de mettre en évidence «la prise de conscience des concitoyens» et la «mobilisation» de toutes les institutions spécialisées en cyber-sécurité, qui ont, a-t-il dit, permis à l’Algérie de «contrer ces attaques et mettre en échec tous les plans et complots menés à travers le cyberespace».
Dans le même ordre d’idées, le Chef d’état-major de l’ANP a souligné que «la mission de protection, de sécurisation et de défense de notre cyberespace est une responsabilité collective, assurée par une stratégie nationale globale de cyber-sécurité, à laquelle nous devons tous adhérer, à commencer par le citoyen, qui doit prendre conscience des dangers du cyberespace et respecter rigoureusement les mesures appropriées lors de l’utilisation des moyens technologiques, en passant par les experts». Quant aux experts, leur mission est de «mettre à contribution leur expérience et leurs points de vue pour la réussite de cette stratégie nationale», a-t-il poursuivi.
La responsabilité collective implique également les responsables à tous les niveaux qui doivent veiller à «s’adapter en permanence aux évolutions accélérées du cyberespace et à fournir les solutions requises, tant préventives que correctives, à même de préserver notre fonds informationnel, d’une part, et de sauvegarder les droits et la liberté de nos concitoyens, d’autre part», a soutenu le même responsable militaire lors de ce rendez-vous scientifique marqué par la tenue de conférences animées par des enseignants universitaires et des spécialistes civils et militaires, axées dans leur ensemble sur le traitement des différentes approches adoptées dans ce domaine ainsi que sur l’échange de points de vue concernant les enjeux découlant des nouvelles formes de cyber-menaces, indique le communiqué du MDN.
Ont pris part à cette rencontre, les ministres de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, de la Communication, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de la Numérisation et des Statistiques, des Postes et Télécommunications, du Directeur général de l’Institut national des études de la stratégie globale, précise la même source. Le Secrétaire général par intérim du ministère de la Défense nationale, les Commandants des Forces armées et de la Gendarmerie nationale, le Commandant de la 1re Région militaire, les Chefs de département et les Directeurs et Chefs des services centraux, ont également pris part à ce séminaire.