Par Aghilas Sadi et Hossem A. M.
Des milliers de travailleurs ont organisé, hier, des rassemblements et des marches à Rouiba, Alger et Tizi Ouzou pour réclamer «le départ du système et de Sidi-Saïd»,
Devant le siège de l’Union locale de l’UGTA dans la ville de Rouiba, les protestataires ont demandé en premier lieu le départ du secrétaire général de l’UGTA Abdelmadjid Sidi-Saïd et l’élection d’une nouvelle direction.
Prenant la parole, le secrétaire général de l’Union locale de Rouiba-Alger Mokdad Messaoudi a déclaré que la future direction nationale de l’UGTA doit prendre en charge les revendications des travailleurs. La foule a répondu en scandant « Libérez l’UGTA ».
L’orateur a également appelé à la révision de l’Impôt sur le revenu général (IRG) de façon à prendre en compte les conditions sociales des travailleurs. Il affirme sur le sujet que les travailleurs sont la catégorie sociale qui paye le plus d’impôt.
Les contestataires ont dénoncé par la même occasion les sanctions prises à l’égard des délégués et adhérents de l’UGTA en raison de leur position contre Abdelmadjid Sidi-Saïd. Des sanctions qui n’ont pas lieu d’être, affirment les protestataires.
Cette action, rappelons-le, a été initiée par les détracteurs du secrétaire général de la centrale syndicale UGTA. Ils comptent multiplier les pressions pour faire partir Abdelmadjid Sidi-Saïd et toute la direction nationale de l’UGTA et élire de manière démocratique une nouvelle direction qui aura en charge la défense des droits des travailleurs algériens. Ils estiment que la direction actuelle de l’UGTA a failli à ses missions lorsqu’elle a soutenu les projets du pouvoir et du patronat.
A Tizi Ouzou, plus de deux mille travailleurs ont marché à l’appel de l’Union de wilaya UGTA, scandant «pour le départ du système et de Sidi-Saïd», notamment.
Selon ces derniers, l’irruption du peuple algérien dans la rue depuis le 22 février dernier est une aubaine pour déboulonner Sidi-Saïd et l’ensemble de sa direction, qualifiée de «fantoche», dont le départ s’inscrit «dans la continuité de la lutte pour la réappropriation de la souveraineté ouvrière et pour la restitution de l’UGTA à ses dignes héritiers», lit-on dans la déclaration de l’UGTA de Tizi Ouzou, rendue publique au milieu du mois en cours. Moins nombreux que lors de la marche du mois de mars dernier, les manifestants venus pour l’essentiel du secteur financier et de quelques services de l’Etat (ADE, Poste et Télécommunications, Casnos et Cnas…) sont partis de l’esplanade du stade 1er-Novembre pour aboutir au monument des Martyrs, situé à l’entrée ouest de la ville. Ils n’ont pas cessé de crier leur hostilité à Sidi-Saïd et de réclamer la démocratisation de l’UGTA et sa restitution aux travailleurs, en mettant fin à sa caporalisation par les pouvoirs successifs.
«Sidi-Saïd dégage !», «Rendez l’UGTA aux travailleurs», «Pour une UGTA indépendante et démocratique», «Restituez l’UGTA de Aïssat Idir aux travailleurs !». Des griefs imputés à la direction actuelle qui «a longtemps tourné le dos aux luttes sociales et qui ne finit pas de servir de béquilles à un système décadent».
Affichant leur adhésion aux revendications de la révolution populaire, les manifestants ont repris des slogans appelant au rejet du vote et à l’instauration d’une véritable démocratie et d’un Etat de droit. «Ulach Lvot ! (non aux élections)», «Ensemble pour une République démocratique et pour un Etat de droit ! » Ils ont également réclamé le départ de Bedoui, Bensalah et Gaïd Salah et de toutes les figures qui symbolisent le système politique en place depuis 1962. La marche d’hier a été aussi l’occasion de réitérer le rejet du congrès UGTA prévu le 20 juin prochain. Un congrès qualifié de simulacre car préparé dans la précipitation. Un rendez-vous organique qui illustre, selon les rédacteurs de la déclaration, «les faux semblants et les mystifications dilatoires dont usent les dirigeants de la Centrale qui veulent se maintenir à la tête de l’organisation et s’assurer une pérennité à la faveur d’un congrès préfabriqué et anti-statutaire». Enfin, il y a lieu de noter que le mouvement de redressement de l’UGTA a lancé une pétition pour demander le départ de Abdelmadjid Sidi-Saïd de la direction de l’UGTA.
Ils espèrent récolter un million de signatures. De nouvelles actions de protestation seront menées les prochains jours si Abdelmadjid Sidi-Saïd ne dépose pas sa démission, affirment les protestataires.<