Les souscripteurs LSP de Draria ont observé, hier, un autre mouvement de contestation, devant la direction du logement, après celui tenu devant le siège du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. Lors d’une entrevue avec les représentants de ce département, ces derniers avaient déclaré aux manifestants que le ministère ne pouvait rien faire pour eux car le LSP est l’affaire de la wilaya d’Alger, cette dernière étant le maître d’ouvrage. «Bien que nous ne soyons pas convaincus par cet argument, vu que le contrat de réalisation avec le groupe Benhamadi, chargé de l’achèvement du chantier LSP Draria de 2684 logements, a été conclu par ce même ministère du temps de Tebboune, nous avons opté pour la direction du logement comme vis-à-vis. Surtout que c’est avec elle que nous avions traité», indiquent les souscripteurs. Seulement, cela n’a pas donné un grand résultat, semble-t-il, puisque les manifestants n’ont pas été reçus par le directeur général de cette institution. «On nous a dit que le directeur général était absent ou en réunion. Un jour de réception ! De toute façon, ce n’est pas la première fois qu’on nous dit cela. A la wilaya, où nous nous sommes déplacés plusieurs fois, on nous assure que notre requête sera transmise au wali. Mais il n’y a jamais eu de suite», soulignent-ils, déplorant que les pouvoirs publics les font courir depuis des années. Cela fait, en effet, douze ans que les souscripteurs sont dans l’attente de leurs logements qu’ils ont totalement payés. «Nous avons nos actes de propriété depuis 2012. Une centaine à peine sur les 2 684 a réceptionné les appartements. Où est passé notre argent ? Pour nous, c’est du vol ! Où sont passés également les 420 milliards de centimes attribués au groupe Benhamadi pour la poursuite des travaux de notre chantier ? Les banques nous ont confirmé que cette somme a bien été transférée à cette entreprise, il y a un an», indiquent-ils, soulignant que le chantier en question est à l’arrêt et semble abandonné. «C’est comme un chantier fantôme. Nous ne savons pas encore combien de temps nous allons pouvoir attendre. Nous ne pouvons plus continuer ainsi. La plupart d’entre nous sommes à la retraite, et beaucoup ont contracté le diabète à cause de ces logements», confient-ils. Le pire, précisent-ils, c’est que la plupart des souscripteurs continuent à rembourser les crédits contractés auprès des banques pour l’achat de ces logements. «Nous payons des crédits pour une maison que nous n’habitons pas, en plus des locations ! C’est plus que scandaleux. C’est de la hogra !», disent-ils. Les souscripteurs ne comptent pas baisser les bras. Ils sont déterminés à multiplier les sit-in devant la direction du logement comme devant la wilaya d’Alger, ainsi qu’au niveau du ministère de l’Habitat. Ils comptent se joindre, demain mercredi, au mouvement de protestation des souscripteurs LPP et AADL, devant le ministère pour faire entendre leurs voix.<