Comme annoncé dans notre édition du 15 octobre dernier, c’est aujourd’hui que les taxieurs de la wilaya d’Alger, sauf revirement de dernière minute, comptent observer un sit-in au niveau de la gare routière du Caroubier. Hier, certains syndicalistes approchés par Reporters disent maintenir le sit-in car pour eux le recours à cette forme de protestation devenait incontournable afin de dénoncer « l’entêtement de l’administration qui refuse de leur octroyer l’aide financière de 30 000 DA promise par le chef du gouvernement » pour atténuer l’impact de la crise sanitaire, prétextant qu’elle est soumise à la condition « de régulariser notre situation vis-à-vis de nos cotisations auprès de la Caisse nationale des salariés et non-salariés (Casnos) », nous ont-ils témoigné à l’unanimité. Quelques-uns qualifient cette condition « d’aberrante ». Comment peut-on régulariser notre situation, alors que nous n’avons pas travaillé pendant plus de quatre mois après l’arrêt des transports le 22 février dernier», rapporte un de nos interlocuteurs. Un autre nous signalant que « le décret exécutif paru dans le Journal Officiel n°44 précise que l’Etat a suspendu toute application d’amende, de majoration ou de pénalités dans le cas de retard dans le paiement des charges financières bancaires, fiscales et parafiscales». Un syndicaliste révèle toutefois que « le ministre des Transports, le wali d’Alger, ainsi que la Direction des transports ont été saisis par écrit mais sans aucune suite ». Devant le « mutisme » de l’administration, « nous estimons que le rassemblement de demain (aujourd’hui) s’impose », nous a-t-on fait comprendre. Nos interlocuteurs nous avancent même que les chauffeurs de taxi urbain, collectif, inter-wilayas et ceux desservant l’aéroport d’Alger et la gare routière de Caroubier seront nombreux au rassemblement d’aujourd’hui démontrant ainsi qu’ils veulent se faire entendre. « D’autant plus avec ce qui vient de passer dans la wilaya de Béjaïa, où la direction des transports s’acharnent à l’encontre des transporteurs qui ne respectent pas le protocole sanitaire arrêté contre la propagation de la Covid-19, cela ne va que nous encourager à nous rassembler ne serait-ce qu’en signe de solidarité avec nos confrères », lance un syndicaliste. Notons que pour en avoir le cœur net sur ce qui s’est passé jeudi dernier à Béjaïa, Reporters s’est rapproché du président de la Fédération nationale des transporteurs de voyageurs et marchandises, Abdelkader Boucherit. Ce dernier affirme : « Effectivement, les taxieurs de la wilaya font l’objet d’acharnement venant des agents de la direction des transports. Ce qui a poussé les taxieurs à observer un piquet de grève qui a lourdement pénalisé les citoyens devant se déplacer.» Ce dernier nous a enfin appris que « pour mettre fin à ce conflit nous avons rencontré les autorités de wilaya pour trouver une solution et cela dans l’intérêt de toutes les parties concernées ».
Cela dit et pour revenir au rassemblement annoncé pour aujourd’hui des taxieurs de la wilaya d’Alger, il y a fort à parier que les professionnels d’autres wilayas vont eux aussi faire de même ce qui va certainement peser sur la balance poussant ainsi le ministère des Transports à intervenir pour qu’enfin, les taxieurs perçoivent les aides qui leur étaient promises et effectives depuis le 26 juillet. Un retard de près de trois mois au moment où une frange de cette catégorie professionnelle, les taxieurs inter-wilayas n’ont toujours pas repris le travail. Ce qui n’est pas sans plonger dans le désarroi ces derniers qui espèrent reprendre la route au plus vite tant ils traversent une situation financière difficile. Un retour au travail qui reste sous l’entière responsabilité du Comité de suivi de l’évolution de la pandémie du Covid-19. Seule instance habilitée à donner le feu vert. <