Tenue du 14 au 18 du mois courant, l’opération «Seimeex 2018 » a pris fin, officiellement, jeudi dernier, lors d’une cérémonie officielle. Une occasion de faire le bilan et de remettre à table les efforts déployés par la Protection civile ces dernières années pour une meilleure prise en charge du risque, ont abouti à un plan d’action très rigoureux.

La cérémonie de clôture a eu lieu, jeudi dernier, à l’Unité nationale d’instruction et d’intervention de la Protection civile, située à Dar El Beïda, à l’issue d’une semaine, d’un exercice de haut niveau d’intervention en cas de tremblement de terre, en présence d’observateurs internationaux. Au cours de cette cérémonie solennelle, les observateurs ont relevé encore une fois, «l’excellente coopération et coordination sur terrain» entre les équipes de la Protection civile de six pays (France, Portugal, Pologne, Espagne, Italie et Tunisie). Ils ont souligné notamment les procédures administratives, qui étaient très souples. « Nous avons a trouvé des solutions rapides certains problèmes administratifs notamment de logistique. La Protection civile algérienne a fait preuve d’une grande volonté de réussir cet exercice sur le plan organisationnel notamment. Les organisateurs algériens ont réussi à trouver des réponses rapides aux difficultés survenues sur le terrain suite notamment aux fortes pluies », ont-ils précisé. Par ailleurs, l’occasion s’est donc offerte, encore une fois, pour leur rendre hommage et rappeler des risques courus quotidiennement lors des interventions et opérations de sauvetage effectuées par les différentes unités territoriales de la Protection civile. Un cocktail d’activités et un spectacle de manœuvres ont été donnés par les hommes du feu ayant fait preuve de plus de prestance et de professionnalisme quant aux simulations faites sur la gestion des sinistres et des accidents, en faisant usage de tous les équipements appropriés.

Culture partagée du risque…
Inédit par son ampleur et sa durée, cet exercice a impliqué quelques 1000 pompiers dont 300 étrangers. Il avait pour objectif non seulement de tester la capacité de réactions de chacun mais surtout la coordination entre tous. Pendant une semaine, les « opérateurs-acteurs » ont été appelés à simuler leur action quand le problème surgira. Et surtout après, lors de la décrue et du retour à la normale.   Certes la plupart des opérateurs avaient déjà réfléchi au scénario d’un séisme de magnitude 7 frappant les localités de Bouira et conçu un plan de continuité d’activité, mais chacun dans son coin. Avec cet exercice, ils ont été amenés à prendre la mesure de l’interdépendance de leurs actions et de ses conséquences. «La préparation du scénario de simulation comme l’exercice en tant que tel a favorisé le développement d’une vraie culture partagée du risque», a observé le colonel Achour Farouk, directeur de la communication au niveau de la direction générale de la protection civile. «Seimeex 2018 a permis de sortir des grands principes», selon lui. Nous avons dépassé le simple exercice de table car il a fallu trouver de façon très pragmatique des réponses aux différents problèmes posés.»

Défi collectif…
Des questions ont également été posées par les journalistes, venus nombreux, parfois même de l’étranger, visiter les sites de manœuvre, ou assister aux manœuvres de terrain qui se sont déroulées sur différents sites de Bouira. Des exercices où ils ont pu croiser des équipes de sécurité civile de France, d’Espagne, d’Italie et de Pologne, venues prêter main-forte aux équipes algériennes. Le mécanisme européen de protection civile a en effet aussi été mobilisé pour cet exercice. Car «nous aurons besoin massivement de renforts européens, souligne le lieutenant-colonel, Yahyani Saïd, directeur de la sécurité lors de l’exercice surtout lors de la phase de retour à la normale ».
Pour sa part, le chargé de communication de la wilaya de Médéa, le lieutenant Benhafci Karim, cet exercice n’est qu’une étape qui nous amène à reprendre l’ensemble de nos travaux de planification. La forte médiatisation de l’exercice a eu un effet considérable sur l’implication des décideurs, mais aussi sur la sensibilisation des populations. » Et d’ajouter : « Réagir à un phénomène de ce type est un défi collectif. Tout le monde a un rôle à jouer, y compris les citoyens. C’est collectivement que l’Algérie s’en sortira ». Ayant acquis déjà une réputation fort appréciable dans le domaine de la gestion des catastrophes, ce qui lui a valu d’ailleurs la certification aux normes internationales Insarag (Groupe consultatif international de recherche et de sauvetage) en zones urbaines, sous l’égide des Nations unies, la Protection civile algérienne ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.