En recevant l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour, le président Abdelmadjid Tebboune donne un signal fort allant dans le sens de la volonté de dépasser une situation de blocage difficile. L’ancien chef de gouvernement est connu pour ses positions allant dans le sens d’une véritable remise en question de l’action de gouverner et la remise sur pied d’un pays en panne malgré ses nombreuses potentialités. Benbitour, qui avait estimé à propos des détenus d’opinion qu’on ne pouvait juger les gens pour leurs idées, et que si un grand moudjahid livre son analyse sur la situation du pays, même s’il se trompe, on ne pouvait le mettre en prison, reste dans une logique de changement véritable. Ce qui semble, aujourd’hui, après une année d’inconstances, cadrer parfaitement avec la volonté de l’Etat d’aller vers de nouvelles initiatives. Des initiatives dont les conséquences seront attendues sur le terrain. L’ex-chef de gouvernement avait estimé également que le Hirak doit au moins se doter d’une feuille de route, considérant que le «yetnehaw gaâ» ça marche pour la communication, mais qu’il faut bien avoir la responsabilité de dire que «nous avons une gouvernance qu’on doit remplacer par une autre plus performante». Cette posture d’ouverture courageuse de l’homme pourrait bien constituer une troisième voie salutaire pour débloquer une situation qui dure depuis près d’une année, entretenant une crise en apparence sans issue. Une crise phagocytant le fonctionnement d’un pays déjà en difficulté économique et en besoin pressant de dynamique pour son développement. Il est en tout cas évident que le président de la République et le Premier ministre, dont la composante du gouvernement est fortement attendue, seront face à une grande responsabilité. Celle d’entamer une transition, la moins cahoteuse possible. D’autant que l’opportunité de faire avancer les choses dans un cadre consensuel est probablement idoine. L’avenir du pays en dépend largement.