Progressivement, péniblement, l’industrie semble sortir la tête de l’eau, avec des branches en nette progression comme le ciment et la sidérurgie qui offrent aujourd’hui un excellent potentiel d’exportation.

Cela représente un évènement marquant et positif a fortiori dans une économie qui n’est pas tournée vers l’exportation. Pendant des années et des années, le pays n’a pas réussi à faire le moindre progrès en matière d’exportations hors hydrocarbures. Pourtant, l’Algérie ne manque ni de ressources ni d’atouts, loin s’en faut, qu’il s’agisse de l’agriculture, du tourisme, du potentiel industriel ou des ressources énergétiques fossiles et renouvelables. Aujourd’hui, la crise est là et les choses commencent à bouger. Et, il n’a jamais été aussi important que maintenant de trouver les bons chemins à emprunter pour exporter plus et dans beaucoup de filières. La volonté est manifeste de le faire. Elle est perceptible dans le fait que le pays prévoit de transformer le régime de croissance en l’orientant vers le développement des secteurs productifs de richesse et de valeur ajoutée et d’emploi en optant, notamment, pour une démarche budgétaire rénovée, une rationalisation des dépenses publiques, une réforme du système fiscal, un renforcement du rôle économique des collectivités locales, une amélioration du climat des affaires et un encouragement de l’investissement. Au chapitre fiscal, par exemple, il est question d’élargir le recouvrement de la fiscalité ordinaire, pour compenser la fiscalité pétrolière en recul à cause de la baisse des cours de l’or noir…
De même, il a été mis en place des mécanismes destinés à protéger l’économie nationale, à promouvoir le produit national, à protéger le consommateur et à réaliser l’équilibre entre les exportations et les importations à travers le système des licences d’importation, tout en préservant les accords de partenariat avec tous les partenaires. Evidemment, les démarches nécessaires suivies par le pays visent à augmenter les parts de l’exportation hors hydrocarbures ; les efforts consentis dans ce domaine sur les plans législatif, ainsi qu’en matière d’accompagnement et de mesures incitatives au profit des acteurs économiques plaident en faveur d’une aide et d’un soutien mieux harmonisés, dont le but est de faire décoller rapidement les exportations. Le pays sait que seule une politique globale comprenant un ensemble cohérent et équilibré de diverses mesures dont fait partie l’appui aux exportateurs est susceptible de porter des fruits, dans un contexte pareil. La diversification de la production nationale qui revient à chaque crise et qui tarde à s’installer, dans le cadre d’une stratégie économique, serait une piste sérieuse pour faire face à cette crise. Pour cela, il faut également redonner de l’oxygène au nouveau modèle économique, avec tout ce que cela signifie comme efforts, moyens et sacrifices. En attendant, la situation s’aggrave, l’épargne en devises s’évapore. Dans le pays, le matelas de devise baisse (près de 200 milliards de dollars, fin 2014). Mais le dinar, lui aussi, tend à se faire rare. Les surliquidités dont se gargarisaient les banques, il y a quelques années, se sont érodées. Les institutions financières qui ont fait l’objet de critiques traversent des temps difficiles.