Le Groupe pharmaceutique public Saidal et le Centre de bioéquivalence jordanien (Acdima) vont créer une joint-venture qui procédera aux essais cliniques des médicaments avec l’ambition de promouvoir le générique en Algérie, a annoncé hier à Alger le PDG du Groupe Saidal, Yacine Tounsi, en marge de la signature du protocole d’accord de ce projet.

Dans ce sens, le Centre de bioéquivalence réalisera «au moins dix études cliniques par an», a précisé  M. Tounsi, lors du point de presse animé à l’issue de la signature. La nouvelle société, qui n’a pas d’identité pour l’instant, sera installée sur le site de Saidal, détenteur de 60% du capital social, sur une superficie de 1 400 mètres carrés, dont 700 m² seront consacrés à une clinique de 24 lits et 400 m² au laboratoire. Le coût de l’opération est de 3 millions d’euros, a indiqué M. Tounsi. La mission de ce partenariat consiste à réaliser des études cliniques sur la « qualité » et l’« efficacité » des médicaments produits en Algérie par le Groupe Saidal ou des privés, mais s’ouvrira aussi à d’autres laboratoires pharmaceutiques dans la région et internationaux, selon les deux partenaires. Il s’agit, en fait, de réaliser des études de bioéquivalence entre les médicaments génériques et le princeps, a expliqué la secrétaire générale du ministère de l’Industrie et des Mines,
Rabea Kherfi. Le P-DG de Saidal a relevé que « la tendance actuelle est vers le générique équivalent au princeps. Il n’y a aucune différence, toutefois, il faut qu’il soit produit dans les mêmes conditions que le princeps». La démarche est donc de « s’assurer que nos produits sont fabriqués dans les normes qui régissent l’industrie pharmaceutique », a-t-il souligné. Ajoutant que «pour le moment, les études de bioéquivalence ne sont pas réalisées en Algérie. Généralement, ce sont des dossiers qui sont fournis dans les dossiers pharmaceutiques par la chaîne que nous développons en Algérie ». Une fois réalisés, « les médicaments seront administrés à des volontaires pour voir leur comportement », a signalé M. Tounsi. Actuellement, Saidal produit en moyenne 200 médicaments génériques sur les 4 200 fabriqués à l’échelle nationale.

Vers l’obligation d’essais cliniques réalisés en Algérie
Sur le plan règlementaire, les textes vont évoluer pour obliger les laboratoires pharmaceutiques à réaliser ces études de bioéquivalence en Algérie, selon les propos de M. Tounsi. Ce centre de bioéquivalence est une réponse définitive et certaine à la question sur l’efficacité du générique », a-t-il relevé. Interrogé sur l’offre des volontaires pour procéder aux essais cliniques, le PDG de Saidal répondra : « Le Centre de bioéquivalence de Saidal a été inauguré en 2016. Nous sommes en train de mettre en place l’organisation et de recruter les cadres qui prendront en charge l’activité. Beaucoup de volets seront développés notamment le volet règlementaire car les essais cliniques sont très cadrés par la règlementation. Des discussions sont engagées avec le ministère de la Santé et la question des volontaires s’inscrit dans ce cadre. Donc, tout se fera selon la règlementation en vigueur en Algérie ». Questionné sur l’impact d’effectuer des essais cliniques localement sur les prix des médicaments, M. Tounsi a indiqué que « cet impact est minime ». Pour rappel, le Centre de bioéquivalence, installé à Hussein Dey (Alger), a été inauguré en janvier 2016. Né en 1976, le centre jordanien Acdima est une émanation de la Ligue arabe avec 16 pays actionnaires, a fait savoir son Directeur général, Mohammad Khalil. Il a été créé pour « développer la production des médicaments dans les pays arabes à des coûts abordables aux populations de ces pays », a expliqué M. Khalil. A son tour, Acdima a créé plusieurs sociétés dont le Centre de bioéquivalence d’Alger. L’expertise d’Acdima sera transmise aux cadres de Saidal par la formation de techniciens, dans un premier temps en Jordanie, puis dans les unités du Groupe pharmaceutique public. Actuellement, Saidal possède 80 unités de production et compte atteindre prochainement 150 en projets. n