Le PDG de l’Eni, Claudio Descalzi, a souligné lors de la cérémonie de signature, hier, des contrats que la compagnie italienne ne baissera pas ses investissements en Algérie, en dépit de la conjoncture marquée par un recul des investissements des compagnies pétrolières internationales.

Contrairement au contrat avec l’espagnol Naturgy, Sonatrach et la compagnie italienne sont arrivées à un accord sur les conditions de commercialisation du gaz algérien destiné à l’Italie, c’est-à-dire sur l’essentiel, à savoir les prix du gaz. En effet, les deux compagnies ont signé hier un avenant qui fixe les conditions commerciales pour les années 2020/2021, sans doute pour prendre en compte la conjoncture actuelle marquée par une chute importante des prix du gaz. Il s’agit du contrat de vente et d’achat de gaz algérien destiné à l’Eni datant de 1977 et renouvelé en mai 2019, portant sur un volume de 8 milliards de mètres cubes/an et pour une durée de huit ans jusqu’en 2027 avec deux ans supplémentaires en option. Il intervient juste après le renouvellement d’un contrat de près de 3 milliards de mètres cubes/an avec la compagnie française Total pour une durée de trois ans. Tous ces accords confortent Sonatrach dans ses discussions avec Naturgy qui exerce la pression sur Sonatrach pour qu’elle baisse les prix du gaz contenu dans le contrat renouvelé en 2018 et portant sur un volume de 9 milliards de mètres cubes/an. Un arrangement qui court jusqu’en 2030.
Autre accord gazier important conclu hier entre les deux compagnies, il porte sur la commercialisation, par Sonatrach pour le compte de l’Eni, du gaz issu des gisements de gaz Ourhoud II, Sif Fatima II et Zemlet Arbi, soit de nouveaux gisements de gaz récemment mis en service, et ce, jusqu’en 2049. Il s’agit d’un volume annuel de près de 1,5 milliard de mètres cubes/an extrait au total de ces trois champs. Une source à l’Eni nous a indiqué que ces champs vont produire 7 millions de mètres cubes/jour de gaz, soit environ 2,5 milliards de mètres cubes/an de gaz. Le développement de la zone située au sud-est du pays dans deux à trois ans pourrait permettre d’extraire environ 60 000 barils/jour équivalent pétrole. Dans la foulée, le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, et le PDG de l’ENI, en présence du ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, ont conclu également un accord préliminaire ou mémorandum d’entente pour identifier les possibilités d’investissement dans l’exploration et la production d’hydrocarbures dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. L’Eni est la troisième grande compagnie internationale à signer un tel type d’accord. Les géants américains Exxon Mobil et Chevron ont signé récemment le même genre d’accord avec Sonatrach. Le ministre de l’Energie a rappelé que l’Eni est un partenaire historique de l’Algérie dans le secteur de l’énergie. Il a souligné l’intérêt de développer la coopération dans le domaine de l’amont et de l’aval et en matière de commercialisation dans un intérêt commun. Toufik Hakkar, le PDG de Sonatrach, a relevé qu’« il y a beaucoup d’opportunités à examiner entre les deux compagnies dans les domaines de l’amont en Algérie. Il y a également la possibilité d’évaluer les opportunités à l’international et de développer les projets d’énergie solaire au niveau des gisements de l’association Sonatrach-Eni ». Cette dernière a déjà réalisé en partenariat avec Sonatrach, rappelons-le, une centrale solaire photovoltaïque pour les besoins du gisement de BRN situé dans le bassin de Berkine au sud-est. Claudio Descalzi, le PDG de l’Eni, lui, a souligné que malgré la conjoncture internationale qui a nécessité la baisse des investissements de l’Eni de près de 35,%, l’Eni a décidé de continuer et de rester avec un budget intégral en Algérie. « Ceci montre que nous travaillons bien avec nos associés en termes de temps, de procédures. » Sonatrach indique en outre que des études pour la réalisation de nouvelles centrales photovoltaïques au profit des autres gisements exploités en partenariat entre les deux compagnies ont été lancés. Ainsi, par ces accords, les deux compagnies confirment leur volonté de développer leur coopération dans les domaines de l’amont et de l’aval et dans les énergies renouvelables et de travailler en vue de saisir des opportunités d’investissement à l’international.
A noter que la compagnie italienne Eni compte parmi les premiers producteurs de pétrole en association avec Sonatrach en Algérie. Elle produit environ 100 000 barils/jour équivalent pétrole en partenariat avec Sonatrach. Elle compte également parmi les premiers investisseurs dans le secteur des hydrocarbures dans le pays. Elle fait de l’Italie le premier client de l’Algérie en gaz. n