Par Feriel Nourine
Le projet Trans-Saharian Gas-Pipeline (TSGP) poursuit sa voie vers la concrétisation, confirmant la volonté de l’Algérie, le Nigéria et le Niger de réaliser cette mégastructure de 4000 km qui permettra d’acheminer d’importants volumes de gaz vers l’Europe et d’assurer des gains financiers conséquents pour ces trois partenaires dans le TSGP ainsi qu’une revigoration économique pour d’autres pays du continent, notamment ceux dont le territoire sera traversé par ce gazoduc.
C’est ce qui ressort de la réunion ministérielle tripartite Algérie-Niger-Nigeria qui s’est tenue jeudi à Alger entre les ministres de l’Energie des trois pays. La troisième du genre après celles qui avaient réuni les mêmes ministres à Niamey en février, puis à Abuja en juin.
Des décisions avaient été prises durant les deux précédents rendez-vous, notamment la mise en place d’une équipe technique et d’une commission de contrôle de haut niveau, chargés de l’élaboration et de l’actualisation de toutes les études techniques et financières, ainsi que les des études de faisabilité relatives à la réalisation de ce projet.
Les retrouvailles dans la capitale algérienne ouvrent sur une nouvelle étape, suite à un mémorandum signé par le ministre de l’Energie et des Mines, Mhamed Arkab, le ministre d’Etat nigérian des Ressources pétrolières, Timipre Sylva et le ministre nigérien de l’Energie et des Energies renouvelables, Mahamane Sani i Mahamadou. Avant de parapher le document, les trois parties ont examiné le rapport détaillé du comité technique et du comité de suivi.
Le mémorandum signé vise à «aller de l’avant» dans la réalisation du projet du gazoduc Transsaharien, a indiqué M. Arkab, expliquant que sa signature signifie la poursuite de la mise en œuvre de tous les programmes tracés pour la réalisation du projet, notamment l’élaboration des études et des différents aspects liés à la réalisation, a-t-il dit, ajoutant que «les trois pays ont convenu de faire aboutir le projet dans un court délai».
De son côté, Timipre Sylva a déclaré que la réunion d’Alger «se veut une attestation de l’engagement de l’Algérie, du Niger et du Nigéria à concrétiser ce projet». En ce sens, «la signature du mémorandum d’entente dénote la volonté des pays africains à mener une action commune pour la réalisation des mégaprojets».
«Nous faisons en sorte que ce projet avance rapidement, car cela permettra de régler des problématiques liées à la sécurité énergétique», a déclaré le ministre nigérian à l’issue de l’audience que lui a accordée le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en compagnie du ministre nigérien de l’Energie et des Energies renouvelables, M. Mahamane Sani Mahamadou.
Tout en rappelant que la réalisation de ce projet, lancée en 2009, a pris «beaucoup de temps», le ministre nigérian a assuré que son pays «a d’ores et déjà entamé la construction de ce pipeline sur son territoire».
Il a affirmé, à ce titre, que l’Algérie a, de son côté, «entamé plusieurs travaux dans ce sens», se félicitant de l’adhésion du Niger à ce projet.
«Le Niger rejoint nos efforts pour la concrétisation de ce projet», a-t-il affirmé.
Abondant dans le même sens, Mahamane Sani Mahamadou a réitéré «l’engagement personnel» du Président nigérien Mohamed Bazoum pour «mener à bien» ce projet qui a «une importance capitale pour nos trois pays»
«C’est la 3e fois que nous nous retrouvons après la rencontre de Niamey en février et celle d’Abuja en juin, et nous sommes très optimistes», a-t-il souligné, faisant savoir que «les travaux de la Task Force qui a été mise en place à l’occasion de la réunion d’Abuja avancent très bien».
La réactivation du TGSP intervient dans une conjoncture de marché énergétique mondial qui favorise amplement ce type d’opération offrant une alternative au gaz russe pour des pays européens qui ne veulent plus en dépendre.
Ce gazoduc se présente comme «une nouvelle source d’approvisionnement des marchés, dont la demande ne cesse de croître, au vu de la place qu’occupera le gaz naturel dans le mix énergétique futur», avait affirmé M. Arkuba, à l’issue de la réunion d’Abuja, rappelant qu’avec les avantages qu’il offre, le projet viendra «renforcer davantage les capacités de production, d’expédition et de valorisation» des trois pays.
Estimé à 10 milliards de dollars à son lancement en 2009, le coût d’investissement de ce projet est passé à 13 mds us.
D’une longueur de 4.128 km, dont 1.037 km en territoire nigérian, 841 km au Niger et 2.310 km en Algérie, il reliera les champs gaziers du Nigeria (à partir de Wari sur le fleuve du Niger) à la frontière algérienne, pour se raccorder au réseau algérien et écouler la production gazière du Nigeria en Europe. Celle-ci est estimée à 30 milliards de mètres cubes dans une première étape.
Sur le territoire algérien, la réalisation du TSGP pourra bénéficier des opportunités offertes par Sonatrach en termes d’infrastructures, notamment le réseau de transports, les groupes de gaz naturel liquéfié (GNL) et les infrastructures de pétrochimie ainsi que la position géographique proche des marchés de gaz, à commencer par l’Europe. n