Par Sihem Bounabi
Dans un contexte marqué par de nombreuses polémiques autour de la gestion de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), notamment suite aux ruptures incessantes de médicaments pour les enfants cancéreux et à un manque de transparence, Ali Aoun a été installé, lundi dernier, par le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, au poste de Directeur général de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) en remplacement de Fatima Ouakti.
Il est à noter que ces deux dernières années, et même il y a quelques jours, de Lotfi Bebahmed, ministre de l’Industrie pharmaceutique, pointait du doigt lors de sa dernière sortie médiatique le manque de transparence de la PCH quant aux stocks de médicaments dont elle dispose. De plus, elle a également été pointée du doigt lors des fortes tensions sur la disponibilité des anticoagulants et plus précisément de l’énoxaparine, au niveau des pharmacies de ville, au début de la 4e vague où l’essentiel de la production nationale, soit plus de 1 million de boîtes, a été livré à la PCH qui reconstituait ses stocks alors que la demande se faisait fortement sentir.
Ainsi, face à ce changement à la tête de la PCH, qui résonne comme une sanction envers l’ancienne directrice, le ministre de la Santé a tenu, dans une déclaration au site électronique TSA, à défendre l’ancienne directrice en affirmant que «ce changement n’est pas une sanction», soulignant que Fatima Ouakti a «fait un excellent travail» en insistant qu’«elle a exercé ses missions et a toujours exécuté les instructions».
Le ministre de la Santé a également tenu à remettre les pendules à l’heure face à l’une des critiques récurrentes du ministère de l’Industrie pharmaceutique, accusant la PCH de refuser de se soumettre à la réglementation et de rejoindre la plateforme numérique en déclarant son stock, dans le but d’anticiper les ruptures.
Le ministre de la Santé souligne que la PCH «c’est la pharmacie des hôpitaux, de la souveraineté à laquelle j’accorde un intérêt particulier», estimant ainsi que «nous n’avons pas besoin de tutelle». Le ministère de la Santé a régulé et régulera les médicaments destinés aux hôpitaux». Les déclarations du ministre de la Santé apparaissent ainsi comme un soutien à l’ancienne directrice et un moyen d’affirmer la volonté de son département d’impulser un nouveau souffle à la PCH avec la nomination d’Ali Aoun. En effet, le nouveau Directeur général de la PCH, qui signe son retour après une longue éclipse, est connu pour son sens du management lorsqu’il était à la tête de Saidal, de 1995 à 2008, et de redresser cette entreprise pour en faire un des leaders nationaux dans le domaine de l’industrie pharmaceutique.
Lors de son installation, Ali Aoun a été clair quant au respect de la tutelle du ministre de la Santé en déclarant son «engagement total à travailler conformément à la feuille de route de l’Administration centrale du ministère de tutelle». n