Les travaux de la première Conférence des Etats parties au Traité portant création de l’Agence africaine du médicament (AMA) ont été sanctionnés par le choix des candidatures de l’Algérie et du Rwanda pour abriter le siège de cette agence.

PAR INES DALI
Les conclusions du rapport des travaux de cette première Conférence, tenus du 1er au 3 juin à Addis-Abeba, font ressortir que «la candidature de l’Algérie arrive avec celle du Rwanda parmi les deux premières du classement», a annoncé le ministère de l’Industrie pharmaceutique dans un communiqué, précisant que huit pays africains se sont portés candidats pour abriter le siège de cette importante Agence continentale. L’Algérie dépasse ainsi dans le classement de la Tunisie, le Maroc, le Zimbabwe, l’Ouganda, la Tanzanie et l’Egypte.
Pour être définitivement fixé, il faudra attendre le mois prochain puisque ce sera en «juillet que sera déterminé le pays qui aura l’honneur d’abriter le siège de l’AMA, lors du Conseil exécutif réunissant les ministres des Affaires étrangères de l’Union africaine (UA), selon la même source qui ajoute que ledit Conseil devra «porter son choix sur une shortlist des meilleures candidatures en application des recommandations de la Conférence des Etats parties au Traité» susmentionné.
L’Algérie n’a pas caché son ambition d’accueillir le siège de l’AMA et a été parmi les premiers pays à avoir entamé ce processus dès les premiers pas de la création de l’Agence. Elle a été parmi les premiers Etats signataires du traité instituant l’AMA en février 2019 et sa ratification en juin 2021. L’instrument de ratification ayant été déposé auprès de la Commission de l’UA en juin 2021, l’Algérie a officiellement soumis sa proposition d’accueillir le siège en août 2021.
Les travaux de cette rencontre d’Addis-Abeba ont été consacrés à l’adoption du règlement intérieur de l’AMA et à l’examen des rapports des missions d’évaluation effectuées dans les huit pays africains candidats pour abriter le siège de cette importante Agence continentale, a indiqué le ministère de l’Industrie pharmaceutique qui opère, par ailleurs, une véritable offensive pour le leadership de l’industrie pharmaceutique algérienne sur le marché africain. En témoigne le salon qu’il a organisé pour la première fois, le mois dernier, dans la capitale sénégalaise sous l’intitulé «El Djazaïr Healthcare». Plusieurs opérateurs du secteur ont pris part à cet événement présenté comme une porte sur l’Afrique pour l’exportation des médicaments made in Algeria.
«Forte de ses ressources institutionnelles, réglementaires et humaines et du développement sans précédent de son industrie pharmaceutique, mais aussi des garanties offertes à l’AMA, en application des instructions et du programme du président de la République, la candidature de l’Algérie apparaît désormais comme favorite pour accueillir le siège de cette Agence», a souligné le ministère de l’Industrie pharmaceutique dans son communiqué. L’industrie pharmaceutique algérienne, selon sa tutelle, est «un pilier de la politique de santé publique» et est considérée comme «l’une des mieux abouties» sur le continent.
La délégation algérienne qui s’est déplacée à Addis-Abeba, conduite par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Djamel Lotfi Benbahmed, assistée par la représentation diplomatique algérienne dans la capitale éthiopienne, s’est «félicitée» de la conclusion des travaux. L’AMA revêt une «importance stratégique dans le renforcement des capacités des Etats parties du Traité», a-t-elle affirmé, tout en appelant à la mutualisation des ressources et expertises africaines pour le développement de la production pharmaceutique, à même d’assurer la souveraineté sanitaire du continent. n