La lutte contre le sida a été le thème d’une journée scientifique, organisée par la direction de la santé publique, de la population et de la réforme hospitalière de Sidi Bel Abbès, au profit des praticiens du secteur public et paramédical.

Une rencontre à l’Institut national de formation paramédicale, où de nombreuses conférences ont été animées par des spécialistes de la santé pour mettre la lumière sur l’épidémie et les moyens de lutte engagés par l’Etat algérien pour augmenter l’espérance de vie du porteur du virus séropositif et le sidéen. Selon le professeur Tabet Derraz, chef de service d’infectiologie du CHU Abdelkader-Hassani, 120 nouveaux cas sont enregistrés chaque année et une moyenne de 2 à 3 nouveaux cas de séropositifs sont décelés chaque jour. La spécialiste a révélé que le bilan, établi du 15 novembre 2015 au 15 décembre 2019, fait état de 860 malades qui reçoivent leurs traitements au niveau du centre de références du CHU, parmi les 900 cas confirmés. Elle expliquera que 99% des cas sont dus à des affections sexuellement transmissibles suite aux relations sexuelles non protégées, par le sang en utilisant des seringues souillées et la transfusion sanguine non contrôlée et le lait de la mère affectée par le sida non détectable.
L’Algérie se place par ailleurs en 4e position dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique avec 13 000 cas, dont 11 070 cas séropositifs et 1 930 cas de sida, a révélé la chef de service d’épidémiologie du CHU.
C’est le VIH 1 qui est très répandu en Algérie et aucun cas de VIH 2 n’est décelé. L’Algérie est considérée comme étant le pays qui s’est engagé réellement dans la lutte contre le sida, en investissant 97% de son budget d’Etat dans le but d’atteindre les objectifs internationaux, à savoir 90% informés sur la séropositivité, 90% d’accès au traitement et 90% sous traitement et doivent être suivis.
L’infectiologue de la santé publique a évoqué les nombreuses contraintes, notamment la stigmatisation et la discrimination du VIH non seulement par la société mais aussi par les praticiens de la santé, qui refusent de prendre en charge le malade sous peine d’être contaminés par le virus, alors que les malades séropositifs et sidéens ne présentent aucun danger sur leur entourage.
Le but est d’éduquer le malade pour qu’il puisse surmonter son mal et non pas le stigmatiser et le discriminer dans le milieu de soins et exposer sa vie au danger. « Ces réactions entravent les efforts de prévention et de traitement et ne font qu’aggraver l’impact de l’épidémie. Il faut agir contre la condamnation du malade, élargir le dépistage et impliquer les mouvements associatifs dans la lutte contre le sida», a-t-elle revendiqué. « Le porteur du virus n’est pas contaminant et peut vivre le plus normalement du monde ; le but est de tester et traiter pour réduire la transmission du VIH», souligne-t-on. Les accidents au VIH dans le milieu professionnel et les risques de contamination sont dus à une mauvaise pratique des soins. 78% des sujets atteints ne suivent pas le traitement une fois découverte leur sérologie positive. Le refus de soins par le patient infecté par le VIH l’oblige à signer une déclaration écrite à cet effet, selon l’article 49 du code de déontologie de la médecine légale. n