La problématique des pharmaciens agressés par des délinquants et toxicomanes en quête de psychotropes revient sur le devant de la scène suite à l’agression par arme blanche dans une pharmacie, le 18 juillet dernier, à Sidi Bel Abbès, dénoncée par le Syndicat national des pharmaciens algériens agréés (SNPAA).

Dans un communiqué parvenu à la Rédaction, le SNPAA précise que «l’agression à l’arme blanche a eu lieu dans la pharmacie en face du boulevard du Millénaire. Le pire a été évité grâce à l’intervention rapide des services de sécurité». Face à la multiplication des agressions contre les pharmaciens dans l’exercice de leur noble mission, le SNPAA «dénonce vigoureusement le danger qui menace leur intégrité physique et psychologique. Tout en exprimant son inquiétude quant à la récurrence des agressions contre les pharmaciens et la persistance de l’insécurité surtout durant les gardes de nuit des pharmacies qui ont maintenu la vente des psychotropes pour être au services des vrais malades, le SNPPA déplore «la fermeture» des portes de dialogue par le ministère de la Santé. Il appelle ainsi le ministère de la Santé «à assumer ses responsabilités à travers des actes concrets», dont «la protection des pharmaciens libéraux, durant les gardes, comme c’est le cas pour les professionnels de santé publique, conformément à l’article 5 du décret exécutif 09-393, avec la suspension de l’arrêté ministériel du 20 août 2014, relatif à l’organisation des rotations dans les pharmacies jusqu’à son annulation et retour à l’application de la décision ministérielle 047, avec l’ouverture du dialogue pour discuter d’un nouveau texte avec la participation du syndicat, et une reformulation complète du décret exécutif 19-379, modifié et complété, la participation du syndicat dans le même cadre, et prendre en compte leurs revendications antérieure Le syndicat réitère le fait que les» les appels répétés pour la prise en charge de la sécurité des pharmaciens n’ont pas été pris en considération par le ministère de la Santé malgré les nombreuses alertes… Le syndicat se demande» si les attaques se déroulent en plein jour comment alors assurer la protection d’un pharmacien confiné dans 50 mètres carrés jusqu’au matin ?»
A propos de la réglementation encadrant la vente de psychotropes en pharmacie, le SNPAA déplore le fait de n’avoir pas été entendu ni pris en considération les critiques émises concernant le décret exécutif 19-379 du 31 décembre 2019 fixant les modalités de contrôle administratif, technique et de sécurité des substances et médicaments ayant des propriétés psychotropes. Le SNPAA s’insurge ainsi du fait que trois ans après l’adoption de ce texte, qui devait assurer la sécurité des pharmaciens, les agressions sont toujours d’actualité. Le SNPAA appelle de ce fait à la révision en profondeur du décret 19-379 en prenant en considération ses propositions, afin que le décret soit plus efficace dans son application sur le terrain. La Loi n° 04-18 du 25 décembre 2004 relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes est également pointée du doigt et plus précisément l’article 16 dont le syndicat dénonce la «criminalisation de l’activité pharmaceutique». Au final, le SNPAA se désole que le cumul d’un cadre juridique et réglementaire, compliqué en plus du phénomène des agressions contre les pharmaciens «affecte négativement la prise en charge de la santé mentale des malades» d’autant que de plus en plus de pharmaciens refusent de vendre des psychotropes par peur des agressions de délinquants et toxicomanes.