Les responsables du groupe Sider, dont dépend le complexe sidérurgique d’El Hadjar, ont procédé au renouvellement des membres du conseil d’administration (CA), jeudi passé, mettant ainsi en place de la seconde phase du programme d’investissement.

Le choix des membres et du président du CA obéit à des critères bien définis, où les compétences dans le domaine de l’industrie mais aussi en matière de réglementation et  d’organisation ont été déterminantes. Ainsi, ce conseil est composé essentiellement de hauts cadres du ministère maîtrisant le volet réglementation ainsi que les nouvelles techniques de management incluant gestion, organisation et surtout sécurité industrielle ainsi que des spécialistes en sidérurgie à même de relever le défi quant aux objectifs fixés en matière de production. L’ancien directeur général du complexe sidérurgique Sider El Hadjar (Annaba) Chameseddine Maâtallah a été nommé président directeur général et président du conseil d’administration du même complexe.
Selon des informations, la priorité du nouveau Conseil d’administration est la modernisation et la rénovation de certaines installations des unités du complexe, à l’exemple de la cokerie à l’arrêt depuis octobre 2009 suite à une expertise faisant état de risques sur la sécurité des ouvriers. L’aciérie à oxygène et d’autres structures secondaires mais importantes dans le process de fabrication sont, elles aussi, concernées. Cela permettra au complexe d’atteindre rapidement 1,2 million de tonnes de produits sidérurgiques qui réduira sensiblement la facture d’importation qui a explosé ces dernières années. L’usine de dessalement d’El Allelik ainsi que la centrale électrique, qui seront réalisées, mettront le complexe à l’abri des pénuries d’eau et des différentes coupures d’électricité qui ont causé bien des problèmes allant jusqu’à l’arrêt total du complexe comme cela avait été le cas l’année dernière.  
La nomination de MM. Ouchih Lakhdar et Chemseddine Maâtallah, respectivement aux postes de P-DG de Sider et P-DG du complexe sidérurgique, procède de cette stratégie qui vise l’efficacité sur les plans rendement et rentabilité de sorte que le complexe totalement rénové, tournant au mieux de ses capacités et affranchi de toute dépendance « décollera ».
La nouvelle équipe dirigeante dans laquelle le ministère de l’Industrie a placé sa confiance s’est déjà attelée à la tâche, la réussite de cette seconde phase du programme d’investissement dépend entièrement de ses compétences.
Ces nominations arrivent dans un contexte tendu qui pourrait quelque peu freiner l’enthousiasme des initiateurs de ce changement. En effet, les revendications salariales des travailleurs en CTA,  exclus des dernières augmentations accordées à leurs collègues, comme ceux de la TSS au nombre de 550, comptent passer à la vitesse supérieure en décidant de recourir à d’autres actions après leur rassemblement la semaine passée devant le siège de la direction de leur unité. Le refus du syndicat de cette dernière entreprise d’adhérer à la démarche visant son intégration  au nouveau complexe sidérurgique Emarat Dzayer Steel augure de turbulences et de troubles car les représentants des travailleurs n’ont pas été associés à cette décision. « Nous sommes les premiers concernés », nous avait confié alors Siad Saïd, secrétaire général du syndicat de la TSS. « On n’a même pas pris la peine de nous informer. Nous ne pouvons pas accepter cela, nous sommes le partenaire social sans lequel rien ne peut se faire », a-t-il précisé.
Le nouveau CA  aura donc fort à faire avec ces revendications et devra trouver les solutions à même de satisfaire les uns et les autres dans l’intérêt du complexe autrement, toutes les dispositions prises pour la réussite de cette seconde phase seront compromises.