Le grand espace devant le siège du Syndicat d’entreprise du complexe sidérurgique Sider d’El Hadjar était hier noir de monde. Il y avait là des ouvriers en combinaison de travail de toutes les unités AMM, PMA ACO2, HF, PPR, ACOX et même celles extérieures. Plus de 1 500 personnes sont venues assister à l’assemblée générale à laquelle a appelé le secrétaire général du syndicat.

Une minute de silence a été observée à la mémoire des 257 victimes du crash de l’avion militaire à Boufarik, suivi de l’hymne national, applaudissements et vivats  ont marqué ce début d’assemblée générale pour laquelle visiblement tout le monde a été mobilisé.
Noureddine Ammouri, secrétaire général du syndicat d’entreprise, a pris la parole pour remercier les travailleurs d’avoir répondu présent à cette assemblée. «Je vois là un renouvellement de la confiance que vous m’avez accordée lors de mon élection à la tête du syndicat. Cela me donne encore plus de crédibilité pour vous représenter, plus d’énergie, de force et de détermination quant à la défense des droits des travailleurs et de leurs acquis, mais aussi de l’outil de production, car notre avenir y est étroitement lié», a-t-il déclaré.
Poursuivant, l’orateur abordera la question de la stabilité du complexe malgré les difficultés rencontrées. «Nous avons tenu bon et nous avons relevé le défi, alors que nous n’étions pas sûrs de voir ce complexe redémarrer. Il faut le rappeler, nous avons hérité d’installations obsolètes devenues un tas de ferrailles. En effet, de complexe phare, notre usine est passée à un tas de ferraille, mais les pouvoirs publics sont intervenus pour le sauver en y injectant près de 1 milliard de dollars.
Et, aujourd’hui, notre complexe est debout et produit de l’acier et toutes sortes de produits ferreux. Nous sommes même arrivés à exporter des bobines et des brames. Tout cela, grâce à la stabilité que nous avons voulue et à votre mobilisation pour ne pas entraver la production. Nous avons négocié avec la Direction du complexe sans appeler à la grève, car nous savons que cela ferait beaucoup de mal. Dieu merci, nous sommes arrivés à un accord définitif sur la plateforme de revendications que nous avons présentée à la direction.»
Youyous, applaudissements, « Ammouri, président ! » ont crié à l’unisson  des milliers de voix, banderoles agitées, appelant à soutenir le syndicat… «Nous avons pu obtenir 9 000 DA d’augmentation mensuelle pour tous les travailleurs et une augmentation de la prime de panier de 100 DA», annonce Ammouri. Explosion de joie, applaudissements et embrassades parmi les présents.
Poursuivant, Noureddine Ammouri dira que d’autres négociations auront lieu pour de nouvelles augmentations à condition d’augmenter la production. «Je vous demande de vous mobiliser autour des objectifs tracés pour prétendre encore à une amélioration des conditions de travail, particulièrement les salaires», ajoute-t-il. Evoquant indirectement les accusations portées contre lui, quant à l’affaire dite de surfacturation, il balayera d’un revers de  main cette «rumeur». «Ce sont des parasites qui ont toujours été contre le syndicat, car nous les avons combattus et empêchés de nuire. Ils ont contacté la presse pour distiller leur poison, mais comme tout le monde le constate, votre présence ici prouve que vous nous faites confiance et c’est une réponse cinglante à ces parasites», a-t-il déclaré à l’assistance qui, visiblement, lui était toute acquise. Parlant du nouveau complexe qui sera implanté à l’intérieur d’El Hadjar, Noureddine Ammouri dira que c’est un plus pour la production nationale. «Emarat Dzayer Steel aura ses propres laminoirs avec de nouveaux produits, que le complexe Sider n’a pas intégré dans son process. Il emploiera 1 670 travailleurs et boostera la production. Ce sera une véritable bouffée d’oxygène pour toute la région. La production atteindra 3 millions de tonnes en 2021», dira-t-il.