Les associations d’aide aux personnes infectées par le VIH ont affirmé que 70% de ces personnes ont été prises en charge à domicile pendant la pandémie de Coronavirus, en raison de la difficulté de déplacement et de leurs souffrances de problèmes socio-psychologiques.

A la veille de la célébration de la Journée internationale contre le VIH, coïncidant avec le 1er décembre de chaque année, le président de l’association Solidarité AIDS, Hacène Bounefissa, a expliqué que les personnes infectées par ce virus ont souffert pendant la pandémie de Coronavirus plus que les autres patients, en raison de la difficulté de leur déplacement vers certains hôpitaux spécialisés pour leur fournir les médicaments nécessaires, ce qui a affecté leur santé, soulignant le recours des associations actives sur le terrain à l’utilisation de taxis inter-wilayas.

Le même intervenant a ajouté que l’état de santé des personnes infectées par ce virus s’est détérioré depuis l’émergence de la pandémie de Coronavirus en Algérie, et qu’il n’a pas été possible de se déplacer vers les hôpitaux qui leur fournissaient des médicaments, ni vers les 56 centres de dépistage à travers le pays, saluant le travail de solidarité des associations et des citoyens.

Concernant les cas qui ont été enregistrés en 2020 sur la base du décompte annuel du laboratoire de référence de l’Institut Pasteur, M. Bounefissa a indiqué que 1 500 personnes ont été infectées, exprimant son “regret du fait que le ministère de la Santé ait abandonné son plan de dépistage précoce et même la fourniture de médicaments aux personnes infectées en raison de la pandémie de Covid-19”.

Pour sa part, la présidente de l’association “El-Hayet” d’aide aux personnes infectées par le VIH, Nawel Lahouel, a exprimé son “regret” pour la situation des personnes infectées, notamment ceux qui n’ont pas pu se faire soigner à temps, en soulignant, par exemple, la difficulté que rencontrent les citoyens pour fournir des médicaments aux personnes infectées pendant la pandémie.

A cette souffrance, s’ajoute la difficulté de déplacement des patients vers l’hôpital El Kettar à Alger pour un suivi périodique, ce qui a nécessité le recours de certaines directions de la santé à l’utilisation des ambulances pour visiter les patients, outre la question de fournir, aux catégories à risque, certains moyens de protection, a ajouté Mme Lahouel.

Le problème de la transmission de l’infection de la mère au fœtus “n’a toujours pas été maîtrisé”,a-t-elle ajouté, “malgré le fait que le ministère de la Santé ait établi un plan pour cela, sans parler de la difficulté du refus de certains établissements hospitaliers de prendre en charge la femme enceinte lorsqu’elle découvre qu’elle est séropositive.

Pour sa part, le président de l’association “AIDS Algérie”, Othmane Bourouba, a évoqué la question de “la marginalisation et la ségrégation sociale” dont font l’objet les malades atteints de SIDA souffrant d’une situation sociale difficile, étant donné que la majorité d’entre eux sont en chômage ou exercent de petits métiers.

Par ailleurs, le même intervenant a affirmé que le confinement de la société parallèlement au manque de campagnes de sensibilisation régulières et d’un contrôle continu de certaines catégories qui constituent un danger pourrait favoriser davantage la propagation du virus, en sus de plusieurs malades qui sont hors de vue lors de cette conjoncture sanitaire et qui sont difficile à joindre par les associations.

Devant la hausse des contaminations à la Covid-19 enregistrées dans le pays, le ministère de la Santé avait émis une note invitant les établissements hospitaliers à suspendre toutes les activités médicales.

Tributaire du recul des contaminations, la décision de reprise doit être prise en fonction des spécificités de chaque établissement, selon cette même note. Parmi les services médicaux dont les activités n’ont pas été suspendues, figure les urgences médico-chirurgicales, la chirurgie pédiatrique, la gynécologie obstétrique, la chirurgie générale et les services d’oncologie, des urgences médicales et l’hémodialyse dans les secteurs privé et public.

Les patients atteints de maladies infectieuses (SIDA) ont été impactés, à l’instar des autres maladies, par cette situation pandémique, ce qui les a mis dans une situation très délicate.

Dans une déclaration à l’APS, le directeur général des services sanitaires au ministère, Pr. Lyes Rehal avait affirmé que le département de la Santé avait donné “les instructions nécessaires pour gérer la crise en cas d’augmentation ou de recul des contaminations, les comités locaux, les conseils scientifiques et les établissements hospitaliers devant gérer la situation pandémique en fonction des cas enregistrés et de la spécificité de leurs activités”.