De nombreux acquis ont été réalisés et restent encore à consolider pour faire avancer davantage la mission de réhabilitation de tamazight dans tous les secteurs, selon le secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, qui a mis en exergue «un nouveau cap» pour la promotion de tamazight.

Par INES DALI
«Tamazight est désormais l’affaire de toutes les institutions de l’Etat» et, aujourd’hui, il y a «une consécration constitutionnelle qui scelle la place de tamazight – une place centrale, fondamentale – dans la Constitution», a déclaré M. Assad, à l’occasion du 41e anniversaire du Printemps berbère, invitant chacun à traduire sur le terrain les dispositions de la Loi fondamentale du pays.
Selon le premier responsable du HCA, qui s’exprimait dans un entretien à l’APS, l’implication de tout un chacun est primordiale afin que les dispositions constitutionnelles de tamazight soient concrétisées à travers une application réelle, dans tous les domaines.
Précisant que cette commémoration se tient cette année sous le signe de «la consolidation des acquis pour faire avancer davantage cette mission de réhabilitation de tamazight», M. Assad a énuméré quelques-uns de ces acquis. Il a fait savoir que ces dernières années, on a assisté à l’adoption d’une «nouvelle feuille de route, dans la foulée de la nouvelle Constitution, qui a été une sorte de passerelle avec d’autres département ministériels, en dehors des partenaires traditionnels que sont l’Education, l’Enseignement supérieur, la Formation professionnelle et la Communication, notamment les ministères de la Justice, l’Intérieur et l’Environnement». L’évolution de tamazight est, par ailleurs, visible même s’il reste encore du travail à accomplir. Selon M. Assad, cette visibilité est indéniable, que ce soit dans l’enseignement dans le cadre de l’éducation nationale ou encore dans l’enseignement supérieur essentiellement. «Il y a des lacunes que nous signalons chaque fois et, pour le moment, il n’y a pas de plan de généralisation», a-t-il déploré. Et au premier responsable du HCA de souligner concernant ce volet que «beaucoup reste à faire, à parfaire, d’où la nécessité d’établir des passerelles avec les secteurs concernés pour assurer un accompagnement et des formations».
Le premier responsable du HCA a constaté qu’il y avait une «réelle décrispation des mentalités», suscitée essentiellement par l’action des citoyens, ainsi que par l’engagement du président de la République qui inscrit la promotion de tamazight d’une manière «définitive et résolue, loin du politique». C’est une action menée par toutes les institutions de l’Etat, a-t-il assuré, notant qu’il y a une vision aujourd’hui qui incarne un nouveau cap des futures missions institutionnelles de tamazight, loin du champ politique, qui doit s’orienter vers la recherche et la production. «C’est un peu l’orientation que donne le président de la République pour asseoir une politique de promotion», a-t-il affirmé. Il a estimé, dans la foulée, que l’institution du Prix du président de la République pour la littérature et la langue amazighe en 2020 est un «acquis majeur et important», car il encourage tous ceux qui produisent et portent des projets dans des domaines divers, notamment dans la linguistique, la littérature dans tous ses genres, le patrimoine immatériel, mais aussi la recherche en technologie et en numérique. Le domaine de l’édition a, pour sa part, pris de l’essor depuis quelques années. Quant à l’Académie de la langue amazighe, dont les membres ont été nommés en 2019, M. Assad a préconisé d’élargir la composante pour d’autres compétences, de renforcer cette structure et lui donner un second souffle. La problématique qu’il faut prendre en charge consiste en l’aménagement et la normalisation de la langue qui est du ressort justement de l’Académie qui doit être opérationnelle. M. Assad a mis en exergue la relation de complémentarité et d’interaction entre le HCA et l’Académie pour l’évolution de tamazight, rappelant que l’Etat a mis le réseau institutionnel pour la promotion de cette langue. «Nous avons un réseau institutionnel qui doit faire face à ces problématiques dans la complémentarité, mais beaucoup d’institutions ne sont pas encore prêtes», a-t-il regretté. Depuis la création du HCA en 1995, l’enseignement de la langue amazighe a connu des avancées indéniables, ce qui a abouti à la création de l’Académie qui s’inscrit dans le prolongement de la promotion et du développement de cette langue, rappelle-t-on. n