Par Hamid Bellagha
Le renouvelable s’impose désormais comme incontournable dans le domaine de l’énergie. Ce n’est plus une option ni un choix par défaut mais plutôt une nécessité, les énergies fossiles étant condamnées à laisser la place au solaire, à l’éolien ou tout autre mode reconductible.
Après une valse-hésitation qui aura duré plus de deux décennies, les énergies renouvelables font désormais partie du lexique du ministère de l’Energie. Après le flop du projet Desertec, dont on n’a pas encore cerné les raisons de son abandon, voilà que Shaems pointe à l’horizon malgré quelques hiatus concernant sa mise en chantier. Mais, apparemment, c’est du concret à partir du mois de juin, du concret qui permettra à l’Algérie de revenir dans la cour des grands pourvoyeurs d’énergie dans le monde. Il est vrai qu’à part l’Espagne et l’Italie, Sonatrach n’a pas de grands débouchés en Europe vu qu’au Vieux continent on a préféré se tourner vers le grand frère slave pour s’approvisionner en pétrole et en gaz.
Mais les soubresauts et les dommages collatéraux de la guerre en Ukraine ont fait que l’Union européenne se voit contrainte de se délester des énergies pour le Vieux continent provenant de Russie, pas entièrement, faut-il le souligner. Car à raison de 62 % de sa couverture énergétique made in Russia, Paris, Berlin et les autres capitales de l’Union ne peuvent, pour le moment, trouver un ou des fournisseurs substituts à Gazprom.
Il y a bien l’Algérie, la Libye, le Qatar ou l’Egypte qui se retrouvent en pole position pour suppléer Moscou, mais la capacité des pays africains et moyen-orientaux n’est pas encore suffisante. Et c’est sans doute dans cette optique que l’Algérie se veut conquérante du marché européen, se plaçant comme futur hub de la distribution de gaz et de pétrole au Vieux continent.
Il y a déjà les deux « tuyaux » passant par l’Espagne et l’Italie qui sont à l’œuvre et promettent un plus gros volume de gaz. Il y a aussi le gazoduc qui prendra naissance au Nigeria et devrait passer aussi par Alger. Ce qui confère une place de pivot incontournable de l’Algérie, forte de sa stabilité politique, de sa position stratégique face à l’Europe et, depuis peu, par la géostratégie d’El Mouradia qui n’aura sacrifié aucun pion dans le bouleversement mondial qui est en train de s’opérer avec l’émergence d’autres pôles et une redistribution dans le nouvel ordre mondial qui s’annonce.
C’est pourquoi le projet Solar 1000 mégawatts et Shaems, qui promet de se lever désormais à l’Ouest, sont autant d’atouts et d’occasions à saisir et à fructifier pour occuper la place qui aurait dû être la nôtre depuis des années dans la distribution des énergies.