Avec l’entrée en service des antennes régionales du Laboratoire national de référence de l’Institut Pasteur d’Algérie, qui ont allégé la pression qui s’exerçait sur le laboratoire de la capitale, il est plus aisé d’effectuer les analyses des cas suspects de Covid-19 et, surtout, d’avoir les résultats plus rapidement que lorsqu’ils sont effectués dans un seul endroit.

Ce qui permet de dépister «l’ensemble des cas qui sont suspectés d’être porteurs de coronavirus, et ce, à travers les quatre coins du pays», sachant que plusieurs laboratoires au Centre, au Nord, à l’Est, à l’Ouest et au Sud effectuent maintenant les analyses de Covid-19, selon le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus.
Il précisera, cependant, que «cela ne veut nullement dire qu’il s’agit d’un dépistage de la grande population» et que «seuls les cas suspects présentant des signes de contamination sont dépistés». Ses déclarations versent dans le même sens qu’un autre membre du Comité scientifique de suivi, le Pr Mohamed Belhocine, qui estime, lui aussi, que «le dépistage total de la population ne sert absolument à rien, puisqu’une personne non porteuse de la maladie peut la contracter par la suite».
Ces spécialistes reconnaissent, toutefois, que le nombre de «cas atteints qui ne sont pas dépistés est certainement bien plus important que ce qu’il parait», car ce sont des «cas asymptomatiques, ne présentant aucun signe de maladie et qui, pourtant, la transmettent aux autres sans le savoir eux-mêmes. Ce n’est qu’une fois que «la maladie se déclare et que les signes apparaissent qu’ils se présentent aux services hospitaliers. Ce n’est qu’à ce moment qu’ils sont dépistés», disent-ils.

Vers un dépistage de tous les personnels de la santé
L’exception d’un dépistage à grande échelle sera, cependant, appliquée à l’ensemble des corps du secteur médical et paramédical, toutes spécialités confondues. Il s’agit d’un dépistage obligatoire que devront subir aussi bien les médecins, infirmiers, laborantins, psychologues, ambulanciers, dentistes, pharmaciens, etc., étant donné que ces derniers sont en première ligne dans le combat contre le nouveau coronavirus. D’une façon ou d’une autre, ils sont tous, au quotidien, en relation avec la maladie et nombre d’entre eux sont ou bien décédés (comme c’est le cas à Blida qui a perdu un professeur, trois médecins et un ambulancier) ou bien malades. La mise en application de cette décision devrait être discutée très bientôt au niveau de la tutelle, selon notre confrère El Khabar, qui précise qu’environ 370.000 personnes du secteur seraient concernées. Un hommage a été rendu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avant-hier, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, à l’ensemble du corps médical. «A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, j’adresse mes salutations de considération et de reconnaissance à nos médecins et à l’ensemble des personnels de la santé pour leurs sacrifices, ainsi qu’à notre peuple pour sa solidarité qui a ébahi le monde comme ce fut le cas pour le Hirak béni. Que l’Algérie reste debout. Honneur et gloire à nos vaillants chouhada», a écrit le président Tebboune sur les réseaux sociaux.

Trop tôt pour se prononcer de façon définitive sur le traitement
Concernant le protocole de traitement à l’hydroxychloroquine, Dr Bekkat Berkani a réitéré que les résultats obtenus jusqu’à présent sont «encourageants», étayant ses propos par le fait que de «nombreux patients ont quitté les hôpitaux et sont rentrés chez eux». Mais il a tenu à préciser qu’il est encore tôt pour se prononcer de façon définitive sur ce traitement, sachant que même chez lui, le malade qui s’est rétabli doit encore observer un autre isolement, pendant environ une dizaine de jours, avec toutes les mesures de prévention. «Par la suite, on attend le retour de la charge virale qui doit être négative. On ne peut donc pas se prononcer sur les résultats définitifs maintenant», a-t-il conclu. Toujours à propos de ce traitement, le seul qui existe actuellement, le ministère de la Santé, après consultations avec les professeurs membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, a instruit l’ensemble des hôpitaux qui s’occupent des cas de coronavirus d’élargir son utilisation à tous les cas confirmés y compris les cad bénins.

L’ANP disposée à prêter main-forte à la santé publique
Par ailleurs, et comme à l’accoutumée face à une situation exceptionnelle comme le vit le pays actuellement, l’Armée nationale populaire (ANP) est disposée à prêter main-forte en matière de lutte contre le coronavirus, en s’impliquant matériellement et humainement. «Nous avons l’habitude. Quand la situation est dangereuse, l’armée et la santé militaire peuvent y faire face», a déclaré le directeur central de la santé militaire de l’ANP, dans une vidéo postée sur le site du ministère de la Défense nationale. Il a ajouté que «70% des capacités des infrastructures hospitalières de l’armée sont réservés au Covid-19, et
tous les malades, militaires ou civils, y sont admis». L’armée dispose, par ailleurs, des «hôpitaux de
campagne» qui sont «un autre atout qui vient en appoint aux hôpitaux militaires», selon le même responsable.<