Par Hakim Ould Mohamed
Les membres du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) ont été installés, hier, à Alger, par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Le chef de l’Etat a plaidé ouvertement en faveur du renforcement des missions du CNESE et son rôle de «pivot» en matière d’assistance à la prise de décision dans les différents domaines de l’action publique et la consolidation du dialogue social.
Comme il a appelé les membres du CNESE installés à concevoir des recommandations socioéconomiques et environnementales «inédites» pour relancer l’économie nationale. Le président Tebboune a mis en outre avant le «rôle sensible du Conseil» en matière de débat et de cristallisation des nombreuses idées, outre les recommandations et orientations du gouvernement pour «garantir une meilleure gestion, sans aucun conflit institutionnel».
Avec la Constitution de novembre 2020, les prérogatives du CNESE se sont étendues à d’autres secteurs de réflexion et de veille économique pour devenir carrément un trait d’union entre les centres de conseil et de consulting et ceux de la décision politique. Depuis quelques mois déjà, le gouvernement puise ses idées dans les différentes réflexions du CNESE ; l’institution étant constitutionnalisée et déclarée comme étant un organe consultatif au service du gouvernement. Ce dernier expérimente depuis quelque temps déjà, notamment depuis l’arrivée de Réda Tir à la tête du CNESE, une nouvelle approche en matière d’élaboration de réflexion au bénéfice de l’économie dans laquelle le CNESE joue une mission collaborative active. Ce qui a changé vraiment, c’est que l’Exécutif s’est rendu compte qu’il était impératif de créer un noyau d’économistes et de chercheurs, voire un comité de consultants, afin d’aider la réflexion autour de réformes structurelles et la prise de décision sur la base de constats réels et de rapports tenant compte de la situation réelle de chaque secteur. Cette nouvelle relation qu’expérimentent les décideurs et les centres de réflexion va permettre au CNESE de participer aux dispositifs d’évaluation des politiques publiques, en intégrant ses économistes et ses chercheurs au plus près des systèmes d’élaboration et d’exécution des réformes. Composé de 200 membres dont 20 sont désignés par le président de la République, 45 représentant les administrations et institutions publiques, et 135 au titre des secteurs économique et social, ainsi que de la société civile, le CNESE est placé auprès du président de la République et constitue désormais «un trait d’union» entre les décideurs et les instances de réflexion. Le CNESE se charge, tantôt de l’évaluation de la mise en œuvre des politiques économiques publiques, comme ce fut le cas au sujet de ses rapport sur l’état d’avancement de la concrétisation des objectifs du plan de relance, tantôt de la conduite de certaines réformes structurelles, à l’image de la révision du dispositif généralisées des subventions, dont la mission de chapeauter le travail des commissions, lui a été attribuée par le président de la République.
Ce dernier, rappelons-le, s’était engagé dans son programme de Président de la République, à savoir son engagement n°27, puisque c’est de ça dont il s’agit, de redonner au CNESE ses lettres de noblesse pour en faire un «instrument vigie qui éclaire les pouvoirs publics dans les domaines économique, social et environnemental». L’engagement du président de la République prévoyait de renforcer les missions du CNESE, en renforçant son conseil quasi-systématique dans les réflexions et la conduite des politiques publiques. Dit autrement, le CNESE, rattaché directement à la Présidence de la République, a désormais les coudées plus franches dans son rôle de soutien stratégique à la prise de décision et dans sa valeur en tant que moyen d’aider à la mise en place de mécanismes innovants pour lutter contre le gaspillage et créer des moyens alternatifs de financement pour permettre à l’Etat d’honorer ses engagements, notamment à l’égard des catégories démunies. C’est tout le sens donné à son travail de réflexion au sujet de la réforme des subventions. Il est également appelé à réunir les conditions d’émergence d’une économie diversifiée et compétitive, dont l’entreprise nationale sera la locomotive, notamment les start-ups et les PME. Le CNESE redevient, pour ainsi dire, un organe central de réflexion et de prospective, retrouvant le statut auquel il était voué à sa création. n