L’entame de la mission, par le panel de dialogue et de médiation mené par Karim Younès, vient à un moment où aucun des préalables posés n’a été satisfait.
La libération des détenus d’opinion, tant réclamée, n’a pas eu lieu. Le dispositif sécuritaire pour l’accès à la capitale n’a pas été allégé et les médias n’ont pas ouvert leurs espaces aux débats publics contradictoires.
Devant le refus des autorités de répondre favorablement aux exigences du panel, qui sont, d’ailleurs, les mêmes que ceux réclamés notamment par la rue, c’est visiblement le panel qui accuse le coup. D’autant plus que le panel, installé officiellement le 25 juillet dernier, peine à donner de la perspective à son action et à ses concertations en dépit des efforts qu’il accomplit.
Toutefois, et face aux multiples critiques qu’il essuie, des voix du panel réaffirment le maintien des préalables comme «seule et unique condition pour l’entame du dialogue». Karim Younès, coordinateur de ce panel, n’a pas ainsi hésité à replacer le sujet, avant-hier, en affirmant que son équipe exige toujours la satisfaction des exigences posées. Il a ajouté, dans la même finalité, que les membres du panel «font tout pour arracher cet acquis», à savoir la satisfaction des préalables.
Sauf que devant le refus de répondre positivement aux conditions posées par le panel, c’est sa mission qui semble être écorchée. Car, à l’évidence, continuer à travailler malgré le refus de satisfaire les préalables revient à accepter «toutes les règles» du jeu, y compris celles qui ne sont pas écrites.
Et si une évaluation d’étape devait avoir lieu, elle aurait annoncé une partie ratée pour le panel, dans la mesure où il entame son dialogue sans la satisfaction de ses préalables. Même la crédibilité que les pouvoirs publics devraient conférer à l’instance, en répondant favorablement à ses préalables formulés, n’est pas venue. Ce qui n’a pas manqué de compliquer davantage la mission du panel qui, en plus de son départ difficile, tarde visiblement à se fixer un cap bien défini.
Il y a lieu aussi de souligner, sur un autre registre qui n’en est pas moins important, que même les personnes choisies pour entamer des pourparlers sont souvent contestées, à l’image des étudiants affiliés à l’Ugel, dont le bureau national de l’organisation a démenti toute intention de sa part de soutenir le panel. Ce qui est loin de mettre le staff de Karim Younès dans la sérénité qu’exige sa mission.