Face à la situation sanitaire actuelle et à l’afflux massif des malades Covid, ces quinze derniers jours, le docteur Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital de Boufarik, lance un appel aux autorités concernées pour renforcer le personnel médical de l’hôpital dont la majorité des services sont dédiés à la prise en charge des malades contaminées par la Covid-19, ainsi que la mise à leur disposition d’un automate PCR.
Le Dr Mohamed Yousfi déplore la situation que vit l’hôpital en déclarant : «Nous sommes en plein paradoxe algérien. Comment se fait-il que dans la wilaya la plus touchée par la pandémie de la Covid-19 et dans l’hôpital qui prend en charge le plus grand nombre de malades et qui ne s’est jamais arrêté, il n’est toujours pas renforcé à l’heure d’aujourd’hui. Que ce soit en médecins généralistes ou en paramédicaux, alors qu’ailleurs, et dans d’autres hôpitaux de la wilaya de Blida, le personnel médical a été renforcé ?» Le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Boufarik nous affirme que le personnel médical a travaillé sans relâche depuis le début de la pandémie en Algérie en accueillant les premiers cas détectés, soit depuis neuf mois en maintenant les services Corvidé ouverts à cause de l’afflux continu de malades qui a atteint plus de 2 700 malades Covid hospitalisés.

Equipes médicales à bout de souffle !
Il enchaîne en expliquant que «ce sont les mêmes équipes médicales qui travaillent sans relâche depuis neuf mois et dont la moitié sont tombés malades». Précisant à ce sujet que «plus d’une vingtaine de médecins, une quarantaine de paramédicaux et une douzaine d’agents administratifs et techniques de l’hôpital ont été contaminés par la Covid-19». C’est un personnel qui est à bout, épuisé physiquement et moralement».
Il s’insurge ainsi qu’au-delà des discours de soutien des autorités, il devient crucial, aujourd’hui, de renforcer le personnel médical d’autant plus que la charge de travail est en train de s’alourdir ces derniers jours avec la saturation du nombre de lits d’hospitalisation disponibles. Surtout que «dans les autres hôpitaux, le personnel médical et paramédical se relaye, car ils sont plus nombreux ou ils ont été renforcés», affirme-t-il.
Le Dr Mohamed Yousfi pose également la problématique de l’absence de PCR au niveau de l’hôpital de Boufarik, alors qu’un automate PCR a été remis à l’hôpital de Blida, il y a plus d’un mois et demi. Il explique à ce sujet que «cela fait des années que nous avons demandé un automate PCR, car il faut savoir qu’il sert également pour d’autres maladies infectieuses telles que le sida ou l’hépatite virale». Il enchaîne que «logiquement, le premier hôpital qui devait être équipé en PCR, c’est l’hôpital de Boufarik étant donné que nous sommes classés comme un service référent des maladies infectieuses dans la région du centre du pays, mais la réalité est tout autre».
Il nous explique également que l’hôpital de Boufarik dispose de kits de prélèvements qui sont ensuite envoyés à l’Institut Pasteur et il faut attendre actuellement cinq à six jours pour avoir les résultats des tests.
En conséquence, cela influe sur le nombre de lits d’hospitalisation disponibles. En effet, lorsque les services Covid sont complets et les malades qui sont fortement suspects qui sont placés sous traitement occupent des lits, cela crée une saturation. Alors que si les tests étaient effectués au niveau de l’hôpital, les résultats seraient obtenus le jour même et cela permettrait de faire le tri entre les malades fortement suspects et ceux confirmés et donc de libérer rapidement des lits. Le docteur Mohamed Yousfi tire, encore une fois la sonnette d’alarme sur la situation critique de l’hôpital de Boufarik en se désolant qu’«avec ces deux éléments, qui sont l’afflux massif des malades au niveau des urgences et l’attente de plusieurs jours des résultats des tests PCR, tout le personnel de l’hôpital est saturé et épuisé étant sur le front depuis neuf mois avec toutes les conséquences que cela peut avoir».