Pour une surprise, c’en était vraiment une ! Même le concerné semblait décidé à relever de nouveaux défis après avoir fait ses preuves au Qatar dans un championnat qui n’est pas réputé pour sa compétitivité. Bounedjah était promis à un bel avenir en Europe, eldorado du football. Mais il s’avère que Baghdad a opté pour rester en péninsule d’Arabie. Au Golfe plus précisément où il a décidé de rempiler avec la formation d’Al-Sadd jusqu’en 2024. Comme souvent dans ce métier, l’aspect lucratif a pris le dessus sur le sportif. Compréhensible pour certains. Inconcevable pour d’autres.  Le numéro 11 a fait son choix. C’est son droit absolu.

Est-ce une manœuvre pour faire augmenter la clause libératoire ou une vraie volonté de rester ? Telle est la question que beaucoup se sont posée. D’autant plus que Bounedjah a longtemps laissé croire qu’il est tenté par une nouvelle expérience dans le Vieux- Continent ces derniers temps. Auteur de 58 buts sur l’année civile 2018, l’ancien sociétaire de l’USM El-Harrach a impressionné beaucoup de monde. Un vrai buteur glouton, très athlétique, assez fin techniquement et explosif pour son gabarit (1m84/78 kg) qui était, aux dernières nouvelles, dans le viseur de l’Olympique Marseille (France) et les deux formations anglaises à savoir Leicester City (Premier League) et Leeds United (Championship). Dans le viseur de sérieux prétendants, le « Vert » avait clairement signifié qu’il allait quitter la formation qatarie dès que ses dirigeants lui donnent un bon de sortie.

Le mariage princier prolongé

En août dernier, il avait indiqué avoir « reçu plusieurs offres cet été en provenance de différents championnats européens » en révélant  vouloir «  absolument partir pour vivre autre chose, mais mes dirigeants à Al Sadd ont refusé de parler de mon transfert. On m’a alors demandé de rester au club au moins jusqu’au mercato d’hiver.  A Al Sadd on veut jouer à fond la Champions League qui est notre objectif pour cette année et mon départ en Europe ne peut intervenir avant 6 mois. C’est ce qui m’a été promis par la direction.» Du temps est passé depuis cette déclaration. Al-Sadd a quitté la C1 asiatique en demie éliminé par les Iraniens du Persépolis FC et l’Algérien a terminé meilleur buteur de la compétition avec  13 réalisations. Encore une preuve qu’il est un véritable artificier en attaque. Une vrai bombe qui n’attendait que d’exploser avec une équipe européenne ? Pas tout à fait puisqu’au moment de recevoir le trophée individuel de baroudeur, il y avait des indices quant à une éventualité de prolonger le mariage princier. « Nous avons réalisé un grand parcours dans cette Ligue des champions, mais on n’a pas pu accéder en finale. On espère pouvoir faire mieux lors de la prochaine édition et, pourquoi pas, remporter le trophée. En tout cas, je suis vraiment très fier d’avoir gagné ce trophée de meilleur buteur de la compétition en attendant d’avoir mieux lors des échéances à venir», avait déclaré le « Fennec ». Mais à ce moment-là, beaucoup croyaient que la logique sportive voudrait que le « serial buteur » se tourne vers de nouveaux horizons. Qu’il aille prouver ailleurs. Surtout qu’il a déjà 27 ans.

Un salaire annuel dépassant les 3 millions d’euros

Le moment idéal pour se tester sur les pelouses d’Europe ? Absolument oui. Cependant, pour l’Oranais, c’est un nouveau bail avec Al-Sadd qui a été paraphé vendredi. Et il devrait courir jusqu’à 2024 avec une belle revalorisation salariale à la clé. Son dernier contrat, qui courait jusqu’en 2021 comportait une mensualité à hauteur de 220.000 euros / mois. Les chiffres du renouvellement n’ont pas fuité mais celui qui est passé par l’ES Sahel (Tunisie) devrait toucher des indemnités très conséquentes. Sachant qu’il avait repoussé une offre de 2.7 millions annuels du Lille OSC (France) lors du dernier mercato estival, les émoluments sur l’année au Qatar devrait dépasser les 3 millions d’euros. Un joli pactole qui aurait dissuadé Bounedjah qui s’est dit « heureux avec le projet du Club et je tiens à promettre à tous que je vais effectuer encore mieux dans les prochains défis. Notre objectif sera de gagner plus de titres.» En tout cas, ce choix de carrière ne devrait rien enlever au talent de celui qui a été formé par le RCG Oran. A vrai dire, tant qu’il aura le même rendement avec l’Equipe nationale, le maillot qu’il porte en club importe peu. Surtout si ça lui garantit un avenir sur le plan financier. Concrètement, sa présence au Qatar lui a été bénéfique. Elle lui a aussi ouvert les portes de la sélection et permis de progresser sur pas mal de plans. Au final, l’évolution dépend du travail consenti et non de l’employeur et le travail sérieux, Baghdad le connaît très bien. Qu’il continue juste à le fournir.