Les juges du pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed ont reporté hier, et pour la septième fois, le procès de « l’affaire Benamor ». En cause, selon le président de l’audience :
« L’absence de l’un de témoins », à savoir l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, « pour des raisons de santé ».

Par Nadir Kadi
Pour rappel, « l’absence » de l’ancien responsable politique a été avancée comme motif de report de l’audience les 2, 16 et 23 février dernier. Le journal El Khabar a fait par ailleurs savoir, selon des sources judiciaires, que l’ex-Premier ministre serait actuellement « hospitalisé ».
La nouvelle date d’ouverture du procès de « l’affaire Benamor », du nom du groupe industriel et agroalimentaire Benamor, a été fixée au 23 mars prochain. Pour rappel une vingtaine d’accusés, dont plusieurs anciens responsables politiques de la présidence Bouteflika, notamment les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal ainsi que l’ancien ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa sont citésdans cette affaire. Les principales charges retenues sont « dilapidation de deniers publics », « blanchiment d’argent », « obtention d’indus avantages » et « exploitation illégale de terres agricoles ». L’un des principaux éléments du procès concernerait les conditions de la « réhabilitation » du complexe agroalimentaire public Eriad de Corso par l’entreprise du groupe incriminé. Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) avait notamment pointé des irrégularités dans la conclusion du partenariat de « gré à gré » et le placement du projet sous le caractère injustifié « d’urgent ».
Par ailleurs, il est à rappeler que l’ouverture du dossier intervient, alors que plusieurs ordres de saisies et de « mises sous scellés » ont été mis à exécution par la justice. Ainsi, Abdelmalek Sellal, déjà condamné dans plusieurs autres affaires, a récemment perdu ses droits de propriété sur plusieurs biens. Notamment, selon des informations de presse, une villa située à Alger qui aurait été « mise sous scellée et confisquée ». Des biens détenus par des membres de la famille proche de l’ex-responsable ont également été confisqués par la justice, entre autres, selon la même source, une résidence à Palm Beach (Alger) et une usine détenue par l’un des enfants d’Abdelmalek Sellal.