Les premiers rounds de consultations et d’échanges que mène le président Tebboune dans le cadre de l’initiative de «rassemblement» semblent être dominés par les questions socio-économiques et le rétablissement de la confiance entre le citoyen et l’autorité publique.

PAR NAZIM BRAHIMI
C’est du moins ce qui ressort des rencontres du chef de l’Etat, depuis lundi dernier, avec Abdelkader Bengrina, Soufiane Djillali, Abdelaziz Belaïd, Abdelaziz Rahabi, Abderezak Makri, Abou El Fadhl Baadji et Tayeb Zitouni. «Nous avons focalisé sur la nécessité d’aller vers la consécration du développement économique, garant fondamental de la stabilité et de l’avenir du pays, qu’il convient de mettre à l’abri des menaces régionales et internationales», a affirmé le président du MSP à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République. Pour sa part, le chef de Jil Jadid a indiqué que sa rencontre avec le président Tebboune a été aussi l’occasion pour lui de réaffirmer la nécessité de «libérer l’économie de l’étouffante tutelle d’une administration trop souvent source de blocage et de corruption», relevant qu’il comprend «parfaitement la démarche qui consiste à encourager la production nationale au détriment de l’importation». Cependant, «cela se fait par à-coups, avec des décisions parcellaires et très dirigistes. J’imagine qu’il s’agit souvent de décisions d’urgence en attendant le nouveau Code des investissements», a encore souligné M. Soufiane Djilali. Par ailleurs, les acteurs politiques reçus par le chef de l’Etat ont évoqué la question de la confiance entre les institutions et le citoyen. Dans ce registre, le chef de Jil Jadid a estimé que «la cohésion du pays a été mise à mal ces dernières années», considérant que «la confiance en nos institutions politiques a été ébranlée après des années de gabegie politique et de prédation économique».
Le même responsable a ajouté que «reconstruire un lien de confiance entre gouvernés et gouvernants est vital», faisant remarquer que «cela commence par l’écoute, le dialogue et l’arbitrage des conflits de la manière la plus juste qui soit. Et pour cela, il n’est jamais trop tard pour bien faire. C’est la volonté politique qui crée le contexte et non pas l’inverse». Estimant que la démocratie «ne peut fleurir spontanément», le premier responsable de Jil Jadid a relevé qu’il est «nécessaire que le pouvoir s’ouvre à la société politique et abandonne ses pratiques de centralisation excessive et la pratique des oukases», critiquant «une certaine opposition» qui «doit sortir de ses illusions révolutionnaires et s’atteler à défendre ses options par un militantisme actif, sérieux et loin de la démagogie propagandiste».
Pour sa part, le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune, a exprimé sa désapprobation quant à la gestion des affaires publiques notamment sur le plan socio-économique pointant ce que le parti de gauche considère comme le «le cours régressif sur le plan social matérialisé par la suppression des transferts sociaux». Le PT a estimé que «… le chômage, la criminalisation de la harga, la déchéance sociale ainsi que celle des libertés notamment par la répression/criminalisation des libertés, les emprisonnements, la caporalisation de la vie politique, le maintien en détention arbitraire de 300 militants politiques et de la démocratie, de journalistes dont Mohamed Mouloudj, les menaces de dissolution de partis politiques… précarisant davantage le front intérieur et la souveraineté nationale, et met en péril l’intégrité du pays et fragilise son immunité». <