A l’occasion de la Journée nationale et de la Semaine mondiale d’alerte sur le bon usage des antibiotiques, une journée d’étude sur la prescription des antibiotiques en médecine générale et son abus par certains praticiens a été organisée, hier, à l’hôtel El Djazaïr d’Alger.

Les Algériens, comme leurs voisins tunisiens, occupent le Top 10 des grands consommateurs d’antibiotiques dans le monde. C’est pour cette raison que des professeurs et des praticiens ont communiqué, hier, autour des antibiotiques, de l’antibiorésistance et des infections nosocomiales.
Intervenant lors de cette rencontre, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, a indiqué que la résistance aux antimicrobiens est un «problème majeur» de santé publique qui nécessite «un ensemble d’interventions et des équipes pluridisciplinaires». Il a estimé que ce problème a représenté, ces dernières décennies, «une menace croissante entravant l’efficacité du traitement d’un ensemble d’infections émergentes et réémergentes, et constitue, de ce fait, une menace sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement». Le ministre de la Santé a observé que l’impact de la résistance aux antimicrobiens nécessite «le recours à des médicaments plus coûteux, engendre la prolongation de la maladie, de son traitement et de son hospitalisation, accroît les dépenses de santé et la charge financière pesant sur les familles et la société».
Il a rappelé que, dans le cadre de la riposte à ce grave problème de santé publique, un projet de plan d’action mondial a été élaboré et la 68e Assemblée mondiale de la santé, en mai 2015, a adopté une résolution invitant les Etats membres à mettre en œuvre ce plan. «Les Etats membres ont pris conscience, en particulier, de l’importance de mettre au point des plans d’action nationaux en ligne avec le plan mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens», a-t-il indiqué. Pour sa part, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Algérie, le Dr Nguessan Bla François, dira que le slogan retenu pour cette année est «demandez conseil à un professionnel de santé qualifié avant de prendre des antibiotiques».
Ajoutant que «l’OMS a intégré des sous-thèmes cette fois-ci afin de faire valoir l’immense travail actuellement entrepris pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens». «Les patients ne devraient utiliser des antibiotiques que s’ils sont prescrits par un professionnel et ne jamais partager avec leur entourage», recommande-t-il, soulignant que «des investissements sont nécessaires pour bâtir un monde dans lequel les médicaments seront employés de manière judicieuse, sûre et efficace».

Une facture salée
Selon un praticien présent à cette journée, «la réglementation en vigueur interdit strictement aux pharmaciens de délivrer des antidotiques aux particuliers, sauf sur présentation d’une ordonnance, ce qui n’est malheureusement pas le cas, d’où la nécessité de rappeler à l’ordre les gérants d’officine».
Le montant des remboursements en Algérie communiqué par la Cnas quant à la surconsommation d’antibiotiques a été, pour 2016 par exemple, supérieure à 18 milliards de dinars.
Et cela est dû à «l’automédication en antibiotiques, alors qu’ils ne doivent être prescrits que pour les infections bactériennes et non pour les infections virales, doit être bannie», conclura notre interlocuteur.
Le but de ces journées est d’arriver à sensibiliser à la promotion de l’hygiène hospitalière et au bon usage des antibiotiques pour réduire les résistances bactériennes, les infections nosocomiales et les coûts de consommation des antibiotiques.
La mobilisation semble être urgente car le risque sanitaire et économique est majeur.
F. D.