Alors que de nombreux Algériens rêvent d’aller s’installer outre-mer, des cadres et des talents étrangers veulent tenter l’expérience professionnelle en Algérie.

Ces derniers sont même «de plus en plus attirés par l’Algérie», selon une enquête publiée par le Boston Consulting Group (BCG) sur la «mobilité des cadres dans le monde».
Dans cette logique d’engouement grandissant des cadres étrangers, l’Algérie a fait un bond remarquable, se hissant ainsi de la 114e place (en 2017) à la 83e place (en 2018), dans un classement qui regroupe 197 pays et une enquête menée sur un échantillon de 366 000 personnes.
Les talents qui ont manifesté leur intérêt pour une expérience professionnelle en Algérie sont issus des quatre coins du monde avec, en tête, les Tunisiens, suivis des Afghans, Béninois et Saoudiens. Sur la même liste figurent également des Français, des Angolais, des Egyptiens, des Norvégiens et des Nigérians. Récemment, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, a fait savoir que le nombre de ressortissants étrangers exerçant en Algérie est de 90 000. Ces derniers sont en majorité des Chinois, des Turcs et des Egyptiens, exerçant pour la plupart dans le secteur du bâtiment.
Si le nombre de cadres étrangers souhaitant s’installer en Algérie augmente, celui des Algériens qui nourrissent l’ambition d’aller chercher un emploi loin du pays continue lui aussi de grimper, note la même enquête de BCG. « 84% des Algériens sont prêts à s’expatrier pour un emploi», précise le bureau, ajoutant que ce taux était déjà de 83% en 2014.
En outre, les Algériens qui rêvent d’aller s’installer sous d’autres cieux sont généralement âgés de moins de 30 ans, appartenant en majorité à la communauté universitaire, poursuit la même source.
Ils sont motivés par les opportunités d’apprentissage et de formation, les possibilités offertes pour le développement de la carrière et la stabilité financière des employeurs et le meilleur niveau de vie.
Ces universitaires, relève le groupe de consulting, sont également poussés par des motivations personnelles, à savoir la découverte d’autres horizons, de nouvelles cultures ou un nouveau mode de vie. Et pour trouver tous ces avantages, les Algériens interrogés privilégient la destination Canada, suivie de l’Europe (France, Allemagne, Royaume-Unis, Belgique), mais aussi des Etats-Unis. Les monarchies du Golfe sont également convoitées par nos universitaires, notamment les Emirats arabes unis et le Qatar.
A noter que les personnes interviewées par BCG en Algérie se composent de 27% de femmes et 71% d’hommes, notamment des universitaires employés dans les filières industrielles et manufacturières. Celles travaillant dans le secteur public ou l’administration des affaires sont «plus fortement» représentées dans l’enquête de Boston Consulting Group.