PAR INES DALI
Les offres d’emploi en Algérie sont partiellement remontées au premier trimestre 2022 et l’introduction de l’allocation chômage a fait rebondir le nombre de chômeurs inscrits à l’Agence nationale de l’emploi (ANEM). C’est ainsi que commente la Banque mondiale dans le chapitre réservé au marché du travail en Algérie, publié dans son dernier rapport sur l’économie algérienne.
Le nombre officiel d’offres d’emploi a connu une reprise partielle au premier trimestre 2022, mais demeure en deçà de son niveau prépandémie», a écrit la Banque mondiale, se basant sur les données de l’ANEM. Les offres d’emplois ont diminué au 4e trimestre 2021 (- 9,6%), avant de remonter au 1er trimestre de l’année en cours (+4,5%). Elles restaient, cependant, «en-deçà de leur niveau du 1er trimestre de 2020 (-1,1%), celles du secteur privé domestique ayant pleinement récupéré, contrairement à celles du secteur public (–2,9%) et à celles du secteur privé étranger (–12,5%)». Parallèlement, le nombre de demandeurs d’emploi est «nettement remonté au 4e trimestre 2021, s’établissant 54% au-dessus de son niveau prépandémie».
Cette hausse importante des demandeurs d’emploi trouve, en grande partie, une explication dans l’introduction de l’allocation chômage. «En février 2022, les autorités ont introduit une allocation-chômage au profit des jeunes primo-demandeurs d’emploi inscrits à l’ANEM», est-il rappelé dans le rapport. «Suivant l’annonce, le nombre de demandeurs d’emploi a bondi de 64% au premier trimestre 2022», a commenté la Banque mondiale, précisant que la hausse des inscrits était plus marquée chez les travailleurs peu ou pas qualifiés (+84%) et chez les femmes (+63%).
Ainsi, «au 18 avril, 917.000 dossiers auraient été acceptés, pour un coût mensuel initial estimé à 12 milliards (plus de USD 80 millions)», selon le rapport de la Banque mondiale. Ce qui a fait nettement augmenter les demandeurs d’emploi inscrits à l’ANEM, leur nombre ayant atteint, selon le même rapport, «plus de 4 millions en mars 2022, soit environ 14,4% de la population algérienne en âge de travailler».
Les bénéficiaires de l’allocation mensuelle de 13.000 dinars doivent avoir entre 19 et 40 ans, ne pas avoir d’autres sources de revenu, ne pas être inscrits dans un établissement d’enseignement ou de formation, et ne jamais avoir cotisé aux caisses de sécurité sociale. Les concernés bénéficient également d’une couverture sociale à travers la carte Chifa.
Cette allocation au profit des jeunes n’ayant jamais travaillé, et pour lesquels il est difficile de trouver vite un travail sans expérience, s’est vu allouer par l’Etat un budget de plus de 80 milliards de dinars au titre de contribution au dispositif de l’allocation chômage en 2022, et ce, en vertu d’un décret présidentiel paru au Journal officiel n° 27. Dans ce cadre, «il est ouvert, sur 2022, un crédit de 80,228 milliards de DA applicable au budget de fonctionnement du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale», est-il précisé dans ledit décret. Très vite, la machine s’est mise en marche et environ 1,4 million de jeunes chômeurs inscrits à l’ANEM ont déjà bénéficié de cette allocation, en attendant de trouver un poste de travail.
Vers la mi-juin, il y avait 1,9 million de demandes d’allocation chômage enregistrées depuis le début du dépôt des dossiers le 24 février 2022, selon le ministre du Travail, qui a précisé que 1,4 million ont reçu un avis favorable. En outre, dans la poursuite de ses efforts pour accompagner les chômeurs, l’Etat a réservé «un budget supplémentaire de 300 milliards de dinars dans la loi de finances complémentaire 2022 pour prendre en charge le plus grand nombre possible de demandeurs d’emploi», avait indiqué le ministre.