L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires devraient poursuivre la réduction de la production de pétrole, de la fin mars 2020 à la fin de l’année, c’est-à-dire bien au-delà du trimestre pour lequel l’organisation a décidé de réduire encore davantage son offre, selon un rapport de recherche de la banque d’investissement suisse UBS. Cette démarche fera baisser à 29,6 millions de barils par jour la production de l’organisation durant le second semestre de la même année, prévoit UBS, que durant le premier semestre de l’année en cours, la faiblesse saisonnière de la demande et la forte croissance de l’offre des pays non membres de l’Opep conduiraient à une offre excédentaire d’environ
600 000 barils par jour.
Cette situation ferait chuter les prix de l’or noir à 60 dollars, poursuit la même source, relevant que, toutefois, le marché pétrolier international devrait être presque à l’équilibre ou légèrement sous-approvisionné au second semestre, grâce à l’amélioration des fondamentaux. Des prévisions qui ne trouvent néanmoins pas concrétisation sur le marché où le baril est en train d’évoluer nettement au-dessus des 60 dollars, sous l’effet de plusieurs facteurs, dont notamment les relations commerciales instables entre les Etats-Unis et la Chine ou encore les tensions au Moyen Orient qui ont hissé les cours jusqu’au-dessus des 70 dollars, il y a quelques jours, suite à la montée de ces tensions provoquées par l’assassinat par les Américains du général iranien Qassem Soleimani. Vendredi, le pétrole clôturait la semaine en évoluant dans une tendance légèrement en hausse par rapport à la veille. Vers la fin de séance, le baril de Brent de la mer du Nord s’affichait à 64,85 dollars à Londres, en hausse de 0,4% ou 23 cents, alors que le baril américain de WTI grappillait 0,03% ou 2 cents à 58,54 dollars. Selon le même rapport de UBS, la demande mondiale augmenterait d’un million de barils par jour en 2020 contre
900 000 en 2019. Une croissance qui devrait être entièrement tirée par les marchés émergents, selon la même source. L’Opep avait, elle aussi, révisé à la hausse, mercredi dernier, sa prévision de la demande mondiale de pétrole brut cette année, grâce à des perspectives de croissance économique plus optimistes, tout en estimant que les pays en dehors de l’organisation allaient aussi produire plus. En effet, l’organisation pense désormais que la croissance de la demande atteindra 1,22 million de barils par jour (mbj) cette année par rapport à 2019, soit une révision en hausse de 0,14 mbj.
Pour rappel, l’Opep a décidé, en décembre dernier, de coupes supplémentaires de 500 000 barils par jour pour le premier semestre 2020, portant ainsi sa réduction à 1,7 million de barils par jour.n