Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté hier les deux projets de loi présentés, deux semaines durant, par le ministre de la Justice, Tayeb Louh : le projet de loi portant organisation pénitentiaire et réinsertion sociale des détenus et celui relatif aux compétences, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat.

Le premier projet de loi a été voté à l’unanimité, exception faite du Parti des travailleurs qui s’est abstenu. Le second projet a été voté par tous les 276 députés présents, hormis ceux du RCD qui ont voté contre, car, de l’avis de Fetta Sadat, députée du parti, « l’article 5 de la loi est en contradiction avec la Constitution ». Elle explique que « cette loi impose au Conseil d’Etat d’utiliser l’arabe comme langue exclusive de travail, alors que tamazight n’est pas cité ni placé au même niveau que la langue arabe ». Quoi qu’il en soit, les deux projets de loi proposés et défendus par le ministre de la Justice ont fait l’objet de 8 amendements pour le premier et de 7 pour le second, sans qu’aucun soit retenu. Mais Tayeb Louh, qui n’a pas manqué d’afficher sa satisfaction quant à l’adoption de ces textes, était attendu sur d’autres sujets d’actualité, qu’il abordés au cours d’une conférence de presse improvisée à l’issue du vote. A commencer par le sort et le nombre d’Algériens qui ont rejoint l’organisation terroriste Daech, au nombre de 226, selon le ministre de la Justice. M. Louh a précisé que « les autorités algériennes ont identifié 226 personnes » qui ont rejoint les groupe terroristes de Daech en Syrie, en Irak et même en Libye. « Nous avons pu identifier ces 226 Algériens, dont 21 d’origine étrangère grâce à notre système judiciaire ; nous les avons poursuivis judiciairement et nous avons lancé des mandats d’arrêt internationaux pour les arrêter ». C’est moins que la France, cite-t-il comme exemple, qui « a recensé 620 citoyens qui ont rejoint les rangs des combattants de l’Etat islamique ». Pour rester dans l’antiterrorisme et à une question sur les détenus islamistes de Guantanamo, le garde des Sceaux a dit vouloir être clair à propos des Algériens détenus par les Etats-Unis à Guantanamo. « Nous voulons être clairs, transparents, nous n’avons rien à cacher », insiste M. Louh avant de révéler que les « autorités américaines ont remis à l’Algérie 17 détenus Algériens à Guantanamo ». « Les Etats-Unis ont livré à l’Algérie 17 prisonniers algériens dont un possède une double nationalité », a-t-il précisé. « Tous ne sont pas devant la justice algérienne ; ils ont été jugés pour les faits qu’ils ont commis, ont été relâchés par la justice pour manque de preuves, hormis un détenu qui a écopé d’une légère peine d’emprisonnement », a révélé Tayeb Louh. Que sont-t-ils devenus ? « Les prisonniers de Guantanamo sont totalement intégrés dans la société algérienne, selon les informations en notre possession », a répondu le ministre.

Enfin, actualité oblige, le ministre de la Justice a de nouveau été interpellé sur le phénomène du « jeu » de la Baleine bleue qui pousse les jeunes au suicide. Le ministre refuse de qualifier la « Baleine bleue » de jeu, mais il s’agit, selon lui, d’une application qui pousse au suicide. « La Baleine bleue n’est pas un jeu, c’est une application qui pousse les jeunes au suicide, le jeu est un divertissement, cette application provoque la mort des adolescents », a insisté le ministre de la Justice qui a indiqué qu’à l’heure actuelle, « un seul cas de suicide d’enfant est enregistré ; il est en relation avec cette application mortelle, nous en avons les preuves ». En ce qui concerne les autres cas de suicide, le ministre a indiqué que « les enquêtes y afférentes sont toujours en cours, alors attendons les conclusions de ces investigations ».