Gros importateur de phosphate, l’Iran souhaiterait acheter cette matière première à l’Algérie, a fait savoir jeudi l’ambassadeur de ce pays en Algérie, Reda Amiri, lors d’un entretien avec le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi.

M. Amiri «a affiché le souhait de l’Iran, grand importateur de phosphate, d’acheter cette matière première directement à partir de l’Algérie», indique le ministère dans un communiqué, ajoutant que M. Yousfi s’est dit favorable à cette proposition, invitant les entreprises dans les deux pays à engager des discussions afin d’arriver à des accords permettant l’exportation du phosphate algérien vers l’Iran.
Ce souhait, s’il venait à se transformer en réalité permettrait sans doute de placer à l’Algérie de placer une partie du potentiel de phosphate qu’elle compte produire dans la cadre de l’exploitation de ses réserves en la matière. Celles-ci sont estimées à près de 2 milliards de tonnes pour une production réduite à 1 million de tonnes par an.
Une production que les pouvoirs publics veulent multiplier par 10, et même plus, dans le cadre d’une stratégie visant à réhabiliter le secteur minier et à en faire une alternative aux hydrocarbures. Baptisée «Nouvelle ambition minière», cette stratégie vise à accroître la production pour la porter à 10 millions de tonnes par an d’ici à 2019. Ces quantités peuvent atteindre jusqu’à 15 millions ou 20 tonnes annuellement.
Un premier, et néanmoins grand pas a d’ailleurs été réalisé, en janvier 2017, au profit de la transformation chimique du phosphate et la production des engrais, à travers la signature d’une joint-venture du projet de transformation chimique des phosphates et la production des engrais, entre les entreprises publiques Manal (Manadjim El-Djazaïr) et Asmidal, et l’entreprise indonésienne IN-DORAMA Corporation. D’une valeur de 4,5 milliards de dollars, ce contrat est l’un des plus importants signés par l’Algérie depuis le début de la période d’austérité née du recul des prix du pétrole