L’élection présidentielle prévue le 4 juillet est une échéance impossible à tenir au vu de la crise politique que connaît l’Algérie. C’est du moins ce qui ressort de l’intervention, hier, de Noureddine Bahbouh, président de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS) au forum d’El Moudjahid.
Les candidats à la présidentielle, prévue le 4 juillet, avaient jusqu’à samedi à minuit pour déposer leurs dossiers. Le nombre de candidats semble très réduit, deux exactement, ce qui fait planer le doute sur cette élection, voulue coûte que coûte par l’armée et contestée par la rue.
Lors de son passage au forum
d’El Moudjahid, le président de l’UFDS dira que «l’organisation de l’élection du 4 juillet prochain relève de l’impossible», expliquant que «les Algériens ont réaffirmé, encore une fois vendredi dernier, qu’ils ne veulent pas d’une élection qui soit organisée et supervisée par les mêmes symboles». A cela s’ajoute, bien évidemment, le boycott de cette présidentielle annoncé par plusieurs
P/APC et magistrats».
Une élection, rappelle-t-il, ne se limite pas au jour du vote, il s’agit de toute une logistique et d’une préparation qui débute par la confection des listes électorales et s’achève par la proclamation des résultats. Or, jusqu’à ce jour, les mécanismes et les conditions pour garantir la transparence de l’élection présidentielle sont inexistants. Selon lui, si, aujourd’hui, des citoyens «chassent» tous les ministres qui sortent sur le terrain, qu’en sera-t-il demain, si cette élection est maintenue, lorsque des candidats se décideront d’organiser des meetings pour les besoins de la campagne électorale ? Recourront-ils à chaque fois aux brigades antiémeute pour «imposer» leur présence ? «A cet effet, il serait quasiment impossible pour le gouvernement d’organiser une élection présidentielle le 4 juillet prochain, à moins de vouloir l’imposer par la force avec tous les risques que cela comporte», estime-t-il.
La solution est chez l’ANP.
Devant la crise qui perdure, Noureddine Bahbouh considère qu’il est de «l’obligation de toutes les parties de trouver une solution à cette crise qui a trop duré». Il attend de l’institution militaire qu’«elle assume sa mission constitutionnelle de garantir la continuité de l’Etat». L’intervenant considère, en effet, qu’il n’existe pas d’autre solution à la situation délicate que traverse le pays que celle du dialogue. M. Bahbouh a affiché son soutien à l’appel lancé par Taleb El Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour et Rachid Benyellès. «C’est un appel qui mérite d’être entendu», a-t-il souligné, appelant à ce que l’institution militaire soit accompagnatrice de ce dialogue. Pour dépasser la période de crise, il y a, dit-il, nécessité de parvenir à un consensus destiné à ouvrir la voie à un «dialogue constructif», incluant les partis de l’opposition et les personnalités politiques pour débattre sur trois problèmes particuliers : convenir d’une date pour l’élection, débattre de la loi sur les partis politiques et définir le rôle et les pouvoirs de la Haute instance d’organisation des élections.
M. Bahbouh déclare, par ailleurs, être contre l’idée d’une période transitoire de deux années, lui préférant celle de six mois. Il considère qu’il ne pourrait en être autrement, compte tenu, explique-t-il, des dangers pouvant entraver la relance de l’économie nationale et des risques d’avoir à subir «les contraintes du FMI».