La défense des accusés, Louisa Hanoune, Saïd Bouteflika, Bachir Tartag et Mohamed Mediene, condamnés à 15 ans de prison ferme par le tribunal militaire de Blida, n’a pas changé son plan de défense.
Maître Boudjemaâ Ghechir, membre du collectif de défense de Louisa Hanoune, affirme à cet effet qu’il « n’existe pas de nouveaux éléments dans le dossier » comparativement à celui du 25 septembre, date de la tenue du procès dont les circonstances de déroulement ont été critiquées alors par les avocats.
« Le plan de défense ne changera pas sur celui de septembre. Notre stratégie de défense sera toujours bâtie simplement sur le fait que Louisa Hanoune est leader d’un parti politique, qui a accompli sa mission de femme politique », soutient Me Ghechir, s’agissant précisément du cas de la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT).
Pour lui, Louiza Hanoune « est protégée par l’article 126 de la Constitution, qui lui confère l’immunité parlementaire, car elle était députée au moment des faits et n’a fait que répondre à l’invitation du conseiller du Président, à qui elle a envoyé plusieurs messages le mettant en garde contre les dangers que risquent de générer un 5e mandat de son frère Abdelaziz Bouteflika».
Le même avocat ajoute que lors de la rencontre du 27 mars, Louisa Hanoune « a demandé la dissolution des deux chambres du Parlement, le départ du gouvernement Noureddine Bedoui, et l’élection d’une Assemblée constituante », estimant que la cheffe du PT « n’a fait que donner son opinion et partager sa vision pour régler la crise politique et ce, conformément à la ligne politique du parti qu’elle dirige ». Pour sa part, Farouk Ksentini, avocat de Mohamed Mediene, « le dossier est le même. Il n’y a aucune raison de changer son plan de défense ». L’ancien président de la défunte Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), explique dans ce sens, que « ce sont des responsables ou d’anciens responsables qui se sont réunis pour échanger sur une situation politique connue ». « Ces personnes tentaient de trouver un successeur à un président qui a renoncé à son mandat », dit Me Ksentini, selon qui, « il n’y a rien d’illégal dans ladite réunion ». « C’est ce qu’on va essayer de démontrer et d’expliquer pendant la plaidoirie », ajoute notre interlocuteur, qui rappelle que les concernés « se sont réunis dans un endroit qui relève de l’Etat sans participation étrangère ». Raison pour lui de soutenir qu’« il n’y a eu ni intention ou possibilité de comploter contre l’Armée ou l’autorité de l’Etat », précisant « qu’aucun témoin à charge ou preuve matérielle inculpant mon client n’ont été trouvés pendant l’instruction ou le jour du procès». Me Ksentini tient à souligner qu’« il n’y a rien d’illégal dans cette réunion ». Il a ajouté, s’agissant du général Toufik, qui a subi récemment une intervention chirurgicale, que l’ancien patron de l’ex DRS « est prêt physiquement et mentalement pour répondre aujourd’hui au juge ». Comment appréhende-t-il le déroulement de ce procès en appel ? Me Ksentini dit être « très optimiste que le dossier s’achève et se termine aujourd’hui avec acquittement ».