L’affaire du jeune blogueur Merzoug Touati, incarcéré depuis plus de deux années pour « espionnage », sera rejugée le 4 mars prochain par le tribunal criminel de deuxième instance près la Cour de la wilaya de Skikda, a indiqué Me Boubaker Hamaili, l’un des avocats de la défense.

«Je suis actuellement à la cour de justice de la wilaya de Skikda. Le procès de Merzoug Touati a été programmé pour le 4 mars 2019 à  9h00, devant le tribunal criminel de deuxième instance.», a-t-il noté sur sa page Facebook. Selon le même avocat, Merzoug Touati qui était incarcéré à la prison de Blida puis de Bouira, a été transféré tout récemment à Skikda en prévision de son procès qui laisse entrevoir une lueur d’espoir pour ce «détenu d’opinion». Il faut souligner que le réexamen de cette affaire par la cour criminelle de Skikda, a été décidé par la Cour suprême, suite au pourvoi en cassation introduit par la famille Touati, à travers son collectif d’avocats.
Rappelons, à ce titre, que le jeune blogueur natif de la commune de Bousselam, dans la daïra de Bouandès (wilaya de Sétif), a été arrêté par la police le 17 janvier 2017 et son domicile familial, sis au quartier périphérique Laâzib Oumaâmar de Béjaïa, avait été perquisitionné.
De lourdes charges ont été alors retenues contre le mis en cause, notamment « incitation à attroupement armé », « incitation à rébellion contre l’autorité de l’État et pour le renversement du régime » et « intelligence avec l’étranger pour nuire aux intérêts du pays ». Autrement dit, Merzoug Touati a été soupçonné d’« espionnage » au profit de l’Etat hébreu, après avoir publié sur son blog personnel (www.elhogra.com) une interview vidéo avec un ancien diplomate israélien. Ce qui lui a valu une condamnation à une peine de dix ans d’emprisonnement assortie d’une amende de 50 000 DA, prononcée par le tribunal criminel de Béjaïa en date du 24 mai 2018. A l’issue d’un procès en appel, tenu le 21 juin 2018, devant la même juridiction, le prévenu a pu bénéficier d’une remise de peine, voyant sa peine réduite à sept années de réclusion criminelle.
Cependant, la sentence rendue par la cour d’appel de Béjaïa a été qualifiée de « très lourde » par les animateurs des principales organisations non-gouvernementales (ONG) activant en Algérie, notamment la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh) et Amnesty International (AI). Ces derniers n’ont pas manqué, d’ailleurs, de se mobiliser à chaque fois pour se solidariser avec la famille de Merzoug Touati, tout en réclamant la libération pure et simple de celui-ci. Pour ces militants des droits humains, les deux procès tenus au niveau de la cour de Béjaïa sont « inéquitables » et « exclusivement à charge ».n