Très dures seront les conséquences de l’effondrement des prix du pétrole sur les pays exportateurs du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Le coup quasi-mortel porté à la demande mondiale de l’or noir par la pandémie de coronavirus, entraînant une chute drastique des cours, leur fera perdre près de 192 milliards de dollars, selon un rapport de l’Institut de la finance internationale (IFI).
«Sur la base de notre scénario d’un prix moyen du pétrole à 40 dollars par baril, les neuf exportateurs de pétrole de la région MENA verraient leurs revenus liés aux hydrocarbures chuter de 192 milliards de dollars, soit 11 % de leur PIB en 2020», prévient l’IFI, estimant que cette perte entraînera la première récession de la région depuis trois décennies.
«En conséquence, le solde cumulé des comptes courants passerait d’un excédent de 65 milliards de dollars en 2019 à un déficit de 67 milliards de dollars en 2020, tandis que le déficit budgétaire se creuserait de 2,9 % du PIB à 9,1 %», avertir l’institut basé à Washington.
Les pays concernés devraient surtout connaître des difficultés à financer leurs budgets. Une situation qui entraînera une contraction de 0,3 % de l’économie, précise la même source, non sans relever que les déficits budgétaires qui résulteront de la crise généreront une forte augmentation de la dette publique.
Mardi dernier, le Fond monétaire international (FMI) s’était, pour sa part, attardé sur les risques qu’aurait la chute des prix du pétrole sur la croissance économique en 2020 dans la région MENA. Cette croissance «va probablement connaître une forte baisse cette année», avait déclaré le directeur régional du FMI pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, Jihad Azour.
Le FMI avait déjà considérablement réduit ses projections de croissance pour la région MENA, en raison de la faiblesse des prix du pétrole, des troubles politiques dans certains pays ou encore des sanctions américaines contre l’Iran. Mais «la pandémie du (nouveau) coronavirus est devenue le plus grand défi à court terme pour la région», a-t-il déclaré, citant le coup dur porté notamment à des secteurs vitaux comme le tourisme, l’hôtellerie et le commerce.
D’où le risque d’une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d’entreprises, qui poussent M. Azour à appeler les gouvernements du MENA à agir rapidement pour la mise en place des plans de sauvetage afin d’éviter une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d’entreprises.
La même responsable a souligné qu’une dizaine de pays de la région avaient déjà approché le FMI pour obtenir un soutien financier, ajoutant que l’institution se prononcerait sur ces demandes «dans les prochains jours». Pour rappel, la région MENA est composée de l’Algérie, de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, de Djibouti, de l’Egypte, des Emirats arabes unis, de l’Ethiopie, de l’Iran, de l’Irak, de la Jordanie, du Koweït, du Liban, de la Libye, de la Mauritanie, du Maroc, d’Oman, du Qatar, du Soudan, de la Syrie, de la Tunisie et du Yémen. n