Le 13 avril 2020, le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy) avait annoncé le lancement d’un «réseau national d’écoute et de soutien psychologique» pour la prise en charge et l’accompagnement des personnes contaminées ou suspectées de contamination par la Covid-19.
L’initiative avait été prise, explique le syndicat, dans le cadre de la lutte contre la pandémie et pour réduire ses effets psychologiques et préserver la santé psychique des Algériens touchés directement ou indirectement par la maladie. C’est ce qu’avait expliqué à l’époque le président du syndicat Khaled Keddad, qui avait souligné l’importance de protéger les personnes concernées par les «tensions psychiques provoquées par la peur et la panique de la propagation de la Covid-19, l’ennui et l’anxiété durant la période de confinement à domicile». «Nous œuvrons, grâce à notre initiative, à rapprocher le service psychologique du citoyen, même à distance, compte tenu de la situation actuelle et par téléphone notamment, en mobilisant 168 psychologues à travers le territoire national pour accompagner les citoyens afin de surmonter cette situation difficile», avait relevé le psychologue et syndicaliste.
Une évaluation de cette initiative, le 10 juin dernier, a montré une grande difficulté pour les psychologues à s’intégrer dans le dispositif de lutte contre le nouveau coronavirus. A cette époque, leur syndicat, le Snapsy, a fait appel au ministre de la Santé pour lui décrire la situation dans laquelle se trouvaient les praticiens et lui a demandé d’encourager leur implication opérationnelle dans le dispositif d’accueil et d’accompagnement des malades et de leurs proches. En réponse, Abderrahmane Benbouzid a salué l’appel du Snapsy et indiqué que les psychologues font naturellement partie des équipes médicales et paramédicales de combat contre la Covid-19.
Depuis, il semble, d’après le syndicat des psychologues, que peu de progrès ont été réalisés dans ce domaine. Dans un nouveau communiqué daté d’hier 9 août, le Snapsy informe le ministre de la Santé que l’implication des psychologues dans la prise en charge des patients atteints ou suspectés d’atteinte par la Covid-19 ne semble pas fonctionner selon les attentes. Dans ce document, le syndicat appelle M. Benbouzid à la sensibilisation par son département des responsables des structures sanitaires publiques abritant des «services Covid» à être plus engageants et plus engagés vis-à-vis des psychologues et leur permettre d’accomplir leur travail thérapeutique correctement. «Sur la base des informations recueillies au sein des structures sanitaires» concernées, le Snapsy informe le ministre de l’«inexistence de cellules de prise en charge psychologique» des malades dans de nombreux centres hospitaliers. Il déplore que certains de ces centres ont installé des cellules «pour la forme» sans programme d’action ni moyens pour les psychologues d’intervenir auprès des patients. Quand ces cellules existent, «les malades et leurs proches ne sont pas informés de leur existence», déplore le syndicat. Selon la même source, la plupart des psychologues ne disposent pas des moyens adéquats et travaillent avec leur propre équipement, «téléphone et internet» quand il s’agit de téléconsultation. Pour les consultations directes, ils travaillent en l’absence de «mesures de sécurité sanitaire». n