La situation épidémique que vit le continent européen avec l’avènement de ce qu’ils ont appelé possible troisième vague de coronavirus et l’apparition du variant du coronavirus ne serait pas pour encourager l’Algérie à rouvrir ses frontières avec ces pays. Cela d’autant que des professionnels de la santé sont d’avis que l’Algérie ne serait pas à l’abri d’une troisième vague de la pandémie.
«Aux Etats-Unis, ils ont eu un record des cas de Covid-19 il y a trois jours, ils sont en plein boom d’une troisième vague probablement. En Europe, des pays comme l’Angleterre et Allemagne, etc. sont aussi en pleine recrudescence ces cas. Je pense que nous ne sommes pas à l’abri d’une troisième vague en Algérie», a déclaré le professeur Réda Djidjik, chef de service d’immunologie au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Béni Messous (Alger). Ce constat de ce qui se passe dans d’autres pays du monde par rapport à la pandémie de coronavirus qui continue de sévir avec plus d’intensité lui fait dire : «Personne ne peut prédire ce qui va se passer dans notre pays, mais je pense qu’il faudrait se préparer à toute éventualité, sur tous les plans, surtout sur le plan organisationnel, et maintenir ce dispositif de lutte anti-Covid-19 notamment au niveau des hôpitaux. Il faut se préparer avec tous les moyens qu’il faut, préparer les médicaments, etc. afin d’être prêt à toute éventualité».
Pour lui, même si «nous assistons à une décrue de la pandémie en Algérie, nous devons néanmoins voir ce qui se passe dans le monde et continuer à être vigilants et à observer les gestes barrières et les autres mesures d’hygiène partout, y compris dans les structures de santé pour ne pas avoir à subir une recrudescence des cas ou une éventuelle troisième vague», conclut-il.
Cette probable troisième vague et le variant du coronavirus ne sont pas sans impacter d’autres secteurs et à retarder leur décollage. C’est le cas pour l’ouverture des frontières en Algérie, notamment le secteur aérien à propos duquel s’est prononcé, hier, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins. «La reprise du trafic international reste problématique», a-t-il dit, rappelant que les premiers cas de contamination au Covid-19 en Algérie sont arrivés par des émigrés.
Etayant son propos, il a argumenté que «compte tenu de la situation qui sévit en Europe avec cette troisième vague, qui est plus importante que les précédentes, envisager des vols réguliers est un risque qu’on fera courir à l’ensemble de la population». C’est pour cela que la perspective d’une réouverture prochaine des frontières de l’Algérie et la reprise des vols de la compagnie nationale Air Algérie ne pourraient être à l’ordre du jour dans l’état épidémiologique actuel des pays européens notamment.
Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, qui est également membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, estime même l’éventualité de la reprise des vols n’est «pas envisageable» et soutient qu’il faut «préserver la stabilité que nous avons en Algérie», ajoutant que «les opérations de rapatriement sont une nécessité absolue, mais une reprise des vols à l’international est pour le moment inenvisageable». La situation est, cependant, «évolutive selon la situation pandémique», a-t-il indiqué.