Les intentions de vote et de non-participation aux prochaines élections législatives anticipées du 12 juin augurent manifestement d’un renouvellement de la représentation parlementaire.

S’il est encore prématuré de prédire ce que sera le poids des partis de l’ancienne alliance présidentielle, le duo FLN-RND notamment, on peut prévoir d’ores et déjà une quasi-disparition des traditionnels partis du courant démocratique (FFS, RCD, PT) de l’hémicycle Zighout-Youcef.
Au mieux, la présence de ces partis sera réduite en peau de chagrin quand bien même l’un de ces trois partis opterait pour une participation à l’échéance de juin prochain qui tend à dominer les travaux de l’ensemble des courants politiques.
Et si le RCD et le FFS n’ont pas encore affiché de manière franche leurs positions respectives sur cette échéance, le PT est vraisemblablement très proche du boycott. Restant sur une présence ininterrompue dans la mandature 2017-2022, de laquelle se sont retirés ses députés, le PT refuse de s’inscrire dans la compétition électorale.
Sa cheffe, Louisa Hanoune, n’a pas été avare en qualificatifs sur le rendez-vous de juin prochain, avant-hier, «replâtrage misérable» et «fuite en avant» pour dire toute sa désapprobation.
Plus que l’option des législatives anticipées à laquelle elle n’adhère pas, Louisa Hanoune s’est montrée furieuse contre «la nouvelle loi électorale qui est une aberration sur le fond et sur la forme».
A l’évidence, ces appréciations n’annoncent pas moins les intentions du boycott chez le parti de gauche, traditionnellement favorable à sa présence dans le Parlement pour faire entendre sa voix et défendre les principes du parti, même si la cheffe du Parti a pris la précaution d’annoncer que la dernière décision reviendra au comité central.
Chez le FFS, l’équation n’est pas si tranchée bien que les tiraillements qui persistent par voix interposées au nom du parti recommandent à la direction de ne pas accentuer les sujets de discorde et de divergence.
«Nous aurons prochainement aussi à débattre des échéances électorales que veut nous imposer le pouvoir. Nous réaffirmons qu’elles ne sauraient constituer une solution à la crise et que les conditions minimales de leur tenue ne sont pas réunies. Le Conseil national, une fois ces échéances convoquées, aura à en débattre et à prendre position. Mais, nous le ferons comme nous l’avons toujours fait, en toute indépendance. Personne ne pourra nous imposer ni notre calendrier ni notre décision», avait prévenu le parti, le 6 mars en cours.
Islamisme parlementaire à plusieurs pôles ?
Et si l’on se dirige vers un étiolement de la présence des partis, dits du courant démocratique, il n’est pas improbable de voir la future Assemblée se composer de plus d’un pôle islamiste. En plus de l’entrain préélectoral qu’affiche le MSP de Makri pour se faire une place de choix dans l’Assemblée, le mouvement El Bina de Bengrina commence à voir grand. Les signes ne sont pas trompeurs à ce propos.
L’ancien candidat à la dernière présidentielle a fait savoir, samedi, que son parti participera aux prochaines législatives «dans le cadre d’une alliance électorale», ce qui atteste de son ambition à l’occasion de cette échéance.
Il a expliqué, par la même occasion, que son parti mise sur la «formation d’une alliance électorale forte, constituée de partis, de personnalités et de composantes de la société civile, qui participera aux prochaines échéances et se prolongera au prochain Parlement en tant que force avant-gardiste soucieuse de l’unité du peuple et de la cohésion des institutions».
Ce qui ne sera pas sans déplaire au MSP qui n’a pas cessé de se réclamer comme la voix et le représentant légitime des islamistes dans les Assemblées. Preuve en est, les déclarations que multiplie Mokri et les sorties qu’il effectue à rythme soutenu aux quatre coins du pays depuis la convocation du corps électoral. n