A J-2 de la fin du confinement en vigueur en raison de la pandémie de coronavirus (Covid-19), la question que beaucoup se posent est celle de savoir si celui-ci sera encore prolongé ou non.
La réponse claire et nette, ne souffrant aucune ambiguïté, a été donnée, hier, par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid.

«Un déconfinement n’est envisageable que lorsqu’on constatera une amélioration notable et durable de la situation sanitaire», a-t-il déclaré. Pour l’heure, au vu des chiffres qui sont révélés tous les jours, il semble que nous ne soyons pas encore dans le schéma de la situation sanitaire «stable et durable».
«Lorsque le nombre des nouveaux cas positifs sera réduit à un seuil moins inquiétant, lorsqu’on s’approchera de zéro décès, là on pourra aborder la question du déconfinement», a-t-il encore dit. Bien que la décision de déconfiner ou non revienne au gouvernement, celui-ci ne peut cependant pas trancher une telle question sans avoir préalablement recueilli les avis des spécialistes qui, dans le cas présent, sont représentés par le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus en Algérie. C’est ce qu’a expliqué le ministre de la Santé en affirmant que «la décision de lever ou de maintenir le confinement revient exclusivement au gouvernement», mais qu’elle est en même temps «liée à l’évolution de la situation épidémique». Il a précisé, dans ce sens, que lorsque les chiffres baisseront durablement et qu’il n’y aura plus de décès, il fera, à ce moment-là, un rapport au gouvernement et lui proposera, au nom du Comité scientifique dont il est président, le déconfinement.
Le ministre a fait ces déclarations depuis la wilaya de Médéa, où il a effectué une visite au cours de laquelle il s’est rendu, entre autres, à l’hôpital Mohamed Boudiaf de la ville et s’est enquis de visu des conditions de prise en charge des patients affectés par le nouveau coronavirus et de la mobilisation du staff médical et paramédical. En revenant sur l’allègement du confinement au début de ramadan, qui n’a d’ailleurs pas duré plus de deux ou trois jours, en raison du non-respect des mesures sanitaires et de distanciation physique, le Pr Benbouzid n’a pas écarté que de nouvelles mesures soient prises en faveur des commerçants et artisans journaliers privés de ressources à cause du confinement. Il a affirmé être «conscient de leur douleur et comprendre leur peine» en raison de la situation dans laquelle se trouve cette «catégorie de journaliers composée de coiffeurs, vendeurs, maçons, chauffeurs de taxis et tous ceux qui vivent de salaires qu’ils gagnent dans la journée».

«Le danger persiste encore !»
Mais toujours est-il que la question lancinante qui revient est la responsabilité citoyenne dans la situation sanitaire que vit le pays aujourd’hui, ainsi que le rôle important qu’il peut jouer en tant qu’acteur majeur dans la société. C’est pourquoi le Pr Benbouzid a saisi cette occasion pour lancer un autre appel à la population à porter un masque ou bavette lorsqu’ils sortent dans la rue, dans les administrations et autres. «Il est de la responsabilité du citoyen de prendre conscience du danger que représente cette épidémie et de respecter, notamment, les mesures barrières qui sont dans son intérêt et celui des autres», a-t-il affirmé, mettant l’accent sur «l’autodiscipline» qui doit devenir une règle. Et à Benbouzid de démontrer, par la suite, la relation entre le déconfinement et le port du masque. «Je réaffirme sur la base de données scientifiques et de ce qui se dit ailleurs dans le monde, le déconfinement se fait avec la condition de porter le masque. Et le porter doit faire partie de notre comportement quotidien, car c’est l’unique et meilleur moyen de se protéger contre la propagation du virus. Il ne faut pas attendre que le masque soit obligatoire pour le porter, nous devons le faire comme pour la ceinture de sécurité. Le citoyen doit savoir que la situation n’est pas réglée définitivement et que le risque persiste encore».
Pour étayer ses propos, il a fait savoir que la situation épidémique dans le monde n’est pas encore maîtrisée, citant l’exemple de pays comme la Corée du Sud, l’Allemagne et d’autres où le virus a réapparu.
«Le masque est le meilleur moyen de protection, en tout cas le seul pour limiter la propagation de l’épidémie en l’absence de vaccin. Même si nous avons appliqué le protocole thérapeutique à base de chloroquine, il n’est pas d’une efficacité absolue et il guérit ceux qui sont atteints. En revanche, nous voulons réduire le nombre de contaminations», a insisté le Pr Benbouzid, exhortant les citoyens à s’habituer au port du masque. «Nous devons développer tous un minium de conscience parce qu’il y a danger pour tous, certains pensent que le danger est ailleurs. Nous disons avec force et conviction à nos concitoyens ‘’mettons des masques ! Habituons-nous à porter des masques’’, c’est pareil que pour la ceinture de sécurité. Aujourd’hui, on n’a plus besoin de la silhouette d’un policier pour la mettre», appuie-t-il.
Il convient de noter que l’appel insistant au port obligatoire du masque est lancé depuis plusieurs jours déjà. Que ce soit le ministre de la Santé, les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus en Algérie ou tout autre médecin ayant intervenu sur le sujet, ils ont tous fait valoir la nécessité absolue de porter un masque dès qu’il s’agit de sortir de chez soi.