L’expert en énergie Toufik Hasni a de nouveau appelé, hier, à l’intégration stratégique du renouvelable dans la politique énergétique du gouvernement. Le recours au fossile n’est pas une garantie de sécurité énergétique à moyen et long terme, a-t-il dit.

Par Kahina Sidhoum
En expliquant que la nouvelle hausse des prix des hydrocarbures va encourager davantage les pays consommateurs à se diriger vers la ressource alternative. Le prochain sommet sur le climat, la COP 26 qui aura lieu à Glasgow, va accélérer cette tendance en raison de l’impact du changement climatique. Le réchauffement de la planète étant le résultat des émissions de combustibles fossiles, la Cop 26, qui aura lieu au Royaume-Uni du 31 octobre au 12 novembre 2021, va accélérer la sortie du charbon et la recherche de ressources énergétiques, a expliqué M. Hasni. Pour l’expert, qui s’est félicité de la prise de conscience en Algérie de l’importance à diversifier le bouquet énergétique national et de l’existence d’une «convergence» politique pour une «transition énergétique», il va, cependant, falloir «rattraper le retard considérable» accusé dans le domaine et peaufiner le dispositif en place. La nouvelle loi sur les énergies renouvelables ne doit pas suffire à elle-même si les décideurs n’identifient pas les acteurs susceptibles d’opérer la véritable amorce vers la transition énergétique que le pays attend. «Vous ne pouvez pas attirer des investisseurs en leur disant que vous préparez une loi. Il faut donc que nous puissions cerner quelles sont réellement les contraintes pour pouvoir réfléchir», orienter les investissements vers l’exploitation de la ressource durable et créer un environnement attractif pour les investisseurs, a-t-il déclaré lors de son passage dans «l’Invité de la rédaction», l’émission phare de la matinale de la Chaîne III de la Radio nationale. M. Hasni, qui avertit que le trop-plein de textes juridiques peut avoir un effet répulsif sur les détenteurs de capitaux d’investissement, préconise la mise en place de société de développement pour la maturation des projets. «C’est ce qui se fait partout dans le monde. Tout le monde passe par des sociétés de développement afin d’assurer une certaine crédibilité vis-à-vis de l’extérieur. Les investisseurs ont peur du changement des lois», a-t-il affirmé. Il appelle également à l’accélération de la concrétisation des mécanismes prévus par le gouvernement en matière de subvention des produits énergétiques dont l’électricité, afin d’ajouter à l’attractivité du cadre à mettre en place pour attirer les opérateurs. Les couches sociales éligibles à la subvention doivent être rapidement ciblées, a-t-il laissé entendre Les bouleversements en cours dans le secteur énergétique dans le monde imposent de revoir le réseau Transport, a-t-il ajouté. «Les nouveaux réseaux de transport électrique ne sont plus en courant alternatif, en raison des pertes d’énergie occasionnées au bout de 100 km. L’avenir est dans le courant continu avec des supraconducteurs, qui refroidissent le fil. Ce qui vous permet de transporter de l’électricité sur 4 000 à 5 000 kilomètres sans aucune perte». Toufik Hasni, qui estime comme il l’a toujours fait depuis des années, que la transition énergétique est devenue un passage obligé, croit également que l’alternative pour l’Algérie est dans le solaire thermique. Pour cette ressource, le potentiel national est sans comparaison et le marché est en plein développement à l’échelle nationale, a-t-il fait observer. n